14 avril 2009

Nos mains

Moui, d'autres l'ont fait avant moi. Et je n'essaierai pas de le faire mieux. Je n'essaierai même pas de le faire. Je raconterai seulement, et ça sera bien suffisant. 3 jours mitigés, 3 jours avec les mains, dans l'ordre chronologique, ou presque, et à peine censuré.
En préambule, on rappellera que devenir un grand garçon, c'est marcher sans qu'on vous prenne par la main. Et en fait, une fois qu'on a dit ça, on a tout dit.
Se serrer la main, pour se montrer qu'on a pas de poignard caché dans la manche.
Se taper la main (en l'air), signe ostensible de complicité - ponctuelle.
Ouvrir les mains, paumes vers le ciel, preuve d'ouverture et d'innocence (feinte ou pas).
Plonger les mains dans la gorge, pour purger les excès malsains. On a toujours tort de se remplir le foie plutôt que de se vider la tête. Surtout si c'est pour finir par se vider le foie quand même.
Se couper les mains contre un verre qui se venge d'avoir été brisé, pour rien. Juste par bêtise.
Resserrer ses mains, s'accrocher de toutes ses forces pour ne pas vaciller, pour tenir encore à la réalité.
Demander la main, et s'en mordre les doigts.
Donner un coup de main. L'expression "donner la main" vient du chef d'équipe (le pouce) et de 4 manoeuvres (les autres doigts) qu'on trouvait sur les docks de Marseille au début du siècle dernier.
Porter des agglos, à bout de bras, à bout de main, pendant un temps qui semble trop long, suffisamment pour que mêmes vos cuisses en fassent la remarque. A ce propos, 250 agglos qui montent sont moins lourds que les 60 premiers qui les ont précédés.
Cacher ses mains derrière des gants, pour éviter l'usure.
Ma fille qui prend ma main pour que je lui caresse la nuque, durant un long moment.
Mon autre fille qui serre mon doigt quand le jet d'eau s'abat sur son visage.
Mes mains, mes doigts, qui parcourent le clavier à la recherche, la quête, toujours inachevée donc, de connaissance.
La manette qui tient dans ma main et me fait presque regretter celui que j'ai été. Amer constat que celui qui a été et qui n'est plus.
Des mains qui essuient des yeux qui coulent. Les miennes ? Les miens ?
Mes mains pour serrer ceux que j'aime.
Ses doigts à elle, si fins, si proches des miens.
...
et puis, il y a l'armée toujours plus pesante de ceux qui sont prêts à vous forcer la main.
Enfin, il y a les très rares, les très peu, les seuls qui sont prêts à vous prendre la main (j'ai dit "prendre" et pas "prendre par"). Ceux-là sont inestimables. Ce sont eux qu'il faut chérir.