Mes grands-mères sont âgées. Elles ne tarderont pas à rejoindre leur époux. Et je n'ose pas vraiment l'imaginer, même si je sais maintenant qu'elles n'ont plus 60 ans depuis longtemps (leur coquetterie m'empêche de dire depuis combien) comme j'ai voulu le croire pendant 15 ans (ce qui ne donne aucune indication sur leur âge). Et la dernière fois, l'une d'elle me convie à un repas chez elle, avec ma cousine et ses filles.
"C'est pour sauvegarder la famille, me dit-elle en détresse". Elle sait que je ne suis pas motivé.
Je crevais d'envie de lui hurler que la famille était morte depuis bien longtemps, dynamitée en cela explicitement par moi-même, ma mère et mon cousin ... et implicitement par beaucoup d'autres, mais on est pas là pour jeter la pierre, hein ? Même avec la rage au bord des lèvres ...
J'avais envie de lui hurler que la vie, l'éloignement, avait détruit la famille qui s'était, pendant une génération, articulée autour d'eux et qu'une nouvelle famille devait naître à présent, ailleurs. Mais que je n'étais pas certain de pouvoir la définir. Même s'il avait semblé envisageable, logique, un moment que cette articulation se fasse autour de moi, l'enfant prodige. Perdu. Peut-être même que cette famille ne pourrait pas naître avant la génération suivante et qu'à ce titre, nous étions une génération sacrifiée. Vas-y, range tes mouchoirs, tu crois quoi ? Qu'on fait de l'élégiasme ici ? Dégage !
L'éloignement des membres a été plus fort que leur envie de se voir. C'est pas méchant, mais c'est révélateur. Et au fond, c'est ça la vraie vie. Quand on dit que c'est la vie qui nous sépare, c'est pas vrai, c'est de la connerie. Quand on dit que c'est la vie qui nous sépare, c'est juste de la pudeur mal placée, de l'hypocrisie, pour pas dire qu'on s'apprécie bien, mais qu'on fera pas 130 bornes de départementale et de bouchons pour se taper la bise. Ca va pas plus loin. A nouveau, c'est pas méchant, mais il s'agit simplement de l'encaisser.
"C'est pas grave Mamie, je suis heureux quand même".
Plus qu'elle en tous cas, quand elle lutte péniblement contre son fils et sa fille. La famille que j'ai connue est morte, et c'est juste dommage pour les survivants.
Alors, qu'est-ce que je lui ai répondu ?
"Bien sûr, Mamie, nous y serons, d'un ton rassurant".
Parce que même si j'en ai finalement, pas spécialement envie, mais ça n'a rien à voir avec ma cousine, c'est jamais bien de faire de la peine à une vieille dame. Surtout si c'est votre grand-mère.
Surtout si cela préfigure ses dernières volontés.
Qu'on ne pourra pas respecter.
Mais samedi, je ne me forcerai même pas pour porter mon masque de petit-fils.
Je vais voir ma Mamie.
25 février 2009
17 février 2009
J'avais cru si fort que ça durerait toujours
Il y a des entretiens d'embauche dont on sent très vite qu'ils vont vous entraîner ailleurs. Ailleurs que les considérations sociales, ailleurs que les considérations matérielles, ailleurs que les considérations économiques. Le lecteur avisé notera au passage qu'il n'y a pas beaucoup d'autres choses que ces éléments dans la vie professionnelle.
Je me souviens d'un entretien que j'avais fait voici 6 ans. Le recruteur m'avait interrogé sur les héritages multiples et sur une partie très discrète de la bibliothèque standard de Java 1.4. J'avais gentiment botté en touche en lui indiquant que la valeur ajoutée d'un collaborateur à vocation d'encadrement était moins de connaître par coeur ce que le moindre compilateur lui avouerait en moins de 5 secondes que ses réelles capacités en matière de ressources humaines, et que j'étais surpris de la tournure de notre rencontre. L'entretien s'était poliment mais fermement arrêté suite à ma remarque à peine acide. On devrait toujours faire des entretiens d'embauche quand on en a pas besoin. Ca permet d'inverser la tyrannie patronale (sens étimologique du terme, que les anti-communistes se refrennent !).
C'est ainsi que hier midi, j'ai disserté vie privée, littérature, influence de la culture sur les valeurs, évolution du bien et du mal à travers les peuples et les époques, philosophie "peut-on dissocier l'oeuvre de son auteur ?", sanction et éducation, racisme, homophobie, ...
Ci-dessous un extrait de la fin de notre conversation :
Je me souviens d'un entretien que j'avais fait voici 6 ans. Le recruteur m'avait interrogé sur les héritages multiples et sur une partie très discrète de la bibliothèque standard de Java 1.4. J'avais gentiment botté en touche en lui indiquant que la valeur ajoutée d'un collaborateur à vocation d'encadrement était moins de connaître par coeur ce que le moindre compilateur lui avouerait en moins de 5 secondes que ses réelles capacités en matière de ressources humaines, et que j'étais surpris de la tournure de notre rencontre. L'entretien s'était poliment mais fermement arrêté suite à ma remarque à peine acide. On devrait toujours faire des entretiens d'embauche quand on en a pas besoin. Ca permet d'inverser la tyrannie patronale (sens étimologique du terme, que les anti-communistes se refrennent !).
C'est ainsi que hier midi, j'ai disserté vie privée, littérature, influence de la culture sur les valeurs, évolution du bien et du mal à travers les peuples et les époques, philosophie "peut-on dissocier l'oeuvre de son auteur ?", sanction et éducation, racisme, homophobie, ...
Ci-dessous un extrait de la fin de notre conversation :
... j'essaie de ne jamais me décevoir.S'ensuit un silence lourd, dont on a toujours l'impression qu'ils durent plus que les simples 3 secondes de la réalité. Durant ce temps au ralenti, je ne me pose pas la question de savoir si je me suis déjà déçu, je me pose la question de si je peux le dire, si je peux lui dire. Nous nous regardons droit dans les yeux, gravement. Le personnage m'inspire et m'inspire confiance. Je me livre.
- Vous est-il déjà arrivé de vous décevoir ?
Oui.Un blanc.
- A quelle occasion ?
- Mon couple.
J'ai cru que j'y arriverais.
09 février 2009
Avant ma vie c'était n'importe quoi ...
... mais là, ça a commencé à devenir vraiment n'importe quoi.
En fait, ça a commencé à posteriori, a retardements presque. Dimanche matin, un texto où elle fanfaronne de sa super soirée, l'informant que hier soir, elle avait trouvé un nouveau petit copain. Immédiatement, la jalousie l'envahit.
La jalousie, c'est le pire des sentiments.
Parce que ce n'en est pas un un.
Ce n'est pas un sentiment, c'est une émotion. Ca n'est dirigé contre personne, encore moins contre la personne dont on s'imagine qu'elle en est l'objet. La jalousie est un complexe d'infériorité, un problème par rapport à soi, rien de plus. En amour ou ailleurs. Ce n'est pas autre chose. On est jamais jaloux parce qu'on aime. C'est de la foutaise.
On est jaloux parce qu'on ne s'aime pas assez.
Et il n'avait jamais été très sensible à la jalousie.
Toutefois, le peu de symptômes qu'il décelait, il les chassait vite et bien, avec en dernier recours cet argumentaire imparable. Mais en l'espèce, il n'avait pas été obligé d'en arriver là. La simple considération de "mais est-ce que tu voudrais vraiment être à sa place ?", à la place du potentiel nouveau petit copain, dont il lira les aventures quelques textos plus tard, est-ce cela qui le tentait vraiment ? Et à la réflexion, pas du tout. Oh, pas pour faire lire à un autre ses aventures par textos, mais simplement parce que, vu ses dernières péripéties, il ne se sentait pas de renouveler ses atterrissages catastrophes dans le désert sans parachute, suivis de longs jours de marche sans eau, rien qu'avec son esprit pour planche de salut. Même pas un mouton dans une boîte. Certains jours ... c'était un petit peu dur. Il en était à peu près là de ses considérations, se demandant ce qu'il allait pouvoir lui répondre, sans doute rien, si ces dernières années lui avaient appris quelque chose dans la communication hommes-femmes quand la question absolue le sonnât net :
Et là, la réflexion prit une toute autre tournure.
Parce qu'il avait essayé de cacher, de se cacher, tout ce qui s'était passé non seulement hier soir, mais en plus avant-hier soir. Si les soirées chez l'ambassadeur sont réputées pour le bon goût du maître de maison, les soirées de son CE sont réputées pour l'alcool à gogo. Et au détour d'une conversation, Valérie, la femme d'un de ses amis et accessoirement employé, l'avait abordé sans autre détour que :
Il y a des phrases que l'on peut dire avec un accent suraigu, une voix défaillante et déraillante, suivie immédiatement d'un "Pfrt" avant un grand éclat de rire d'une jeune collégienne qui aurait osé aller voir un lycéen, sous l'effet d'un Panaché pas frais. Il y a des phrases comme ça qui font rire les deux parties, se prendre les bras par l'épaule, ou l'inverse, et s'en revenir guillerets à la salle des festivités. Je me suis même laissé dire que sur Internet, certaines tentent cette approche remplaçant le "Pfrt" par un point-virgule/parenthèse fermée. 2 caractères en moins. Mais c'est un petit peu différent quand vous connaissez le couple depuis 10 ans. Quand votre ami était présent à votre mariage, quand vous étiez présent au leur, quand Valérie vous passe la main gauche autour de la taille, la droite autour de la nuque, s'humecte les lèvres, laisse planer un silence pour être sûre d'avoir bien capturé vos yeux avec les siens, et vous dit, sans sourciller le moins du monde avec une voix douce et grave :
Mettant ça sur l'alcool et la fin de nuit, il balaya rapidement d'une plaisanterie et d'un détournement d'épaule, mais la belle ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin.
A la réflexion, c'était vraiment la plus mauvaise réponse dont il avait été capable, mais la phrase d'accroche lui avait suffisament décroché la mâchoire. Il fallait faire vite, répondre vite, la situation était tendue.
Et en plus il allait falloir jouer serré.
L'échange, a bâtons rompus, lui laissait peu de répit. Il avait beaucoup de mal à la défaire, pourtant elle avait bu plus que de raison.
Elle avait vu juste. Il avait tout violé. Tous les principes de l'amour de la société occidentale, il les avait fait voler en éclat. Fidélité, exclusivité, cercle familial, cercle amical, cercle professionnel, tranche d'âge, délais, ... il avait beau faire l'inventaire, si un règlement existait, il avait pris conscieusement soin d'en détourner tous les points. Un par un, scrupuleusement.
Rigoureusement.
Méthodiquement.
Et pas un ne l'avait fait sourciller.
Et elle le savait.
Il mentit.
Il fit ce qu'il avait appris à faire depuis peu avec les filles : il ne répondit pas. Même si cette dernière réponse l'intrigait. Dans la salle, la fête battait son plein. Dehors, la neige tombait à gros flocons.
Il se crut tiré d'affaire. Il se trompait. Elle le reprit par le cou et attira son visage contre ses lèvres. Il eut beaucoup de mal à se défaire de son emprise.
C'est beau la neige qui tombe en montagne. Même la nuit.
Elle parut un peu déçue de cette réponse, presque blessée. Il lui sourit de nouveau.
Elle fut intriguée, et après 5 secondes de silence où son cerveau n'avait pas ralenti, elle enchaîna en bougeant les mains
Il éclata de rire et lui saisit les poignets pour qu'elle arrête de gesticuler et de risquer de se faire voir. Ses yeux brillaient. Ils étaient beaux.
Ses yeux brillèrent à son tour, et durant un long moment, ils discutèrent uniquement avec leurs yeux. Leurs longs échangent étaient à peine troublé par le bruit de la montagne alanguie sous son manteau blanc. Les flocons en tombant faisaient le même bruit que des braises dans la cheminée.
Enfin, il lui relâcha les poignets, ils se sourirent à nouveau et elle rentra dans la salle. Il resta plus longtemps dehors, à la fois pour ne pas éveiller les soupçons, finir une cigarette, et être certain d'avoir vraiment attrapé une angine sous la neige froide de Janvier.
Uniquement vêtu d'une chemise entrouverte, il finit de trembler d'émotion pour commencer à trembler de froid, se rendant finalement compte qu'il faisait largement moins de 0°C.
Il rentra dans la salle.
En fait, ça a commencé à posteriori, a retardements presque. Dimanche matin, un texto où elle fanfaronne de sa super soirée, l'informant que hier soir, elle avait trouvé un nouveau petit copain. Immédiatement, la jalousie l'envahit.
La jalousie, c'est le pire des sentiments.
Parce que ce n'en est pas un un.
Ce n'est pas un sentiment, c'est une émotion. Ca n'est dirigé contre personne, encore moins contre la personne dont on s'imagine qu'elle en est l'objet. La jalousie est un complexe d'infériorité, un problème par rapport à soi, rien de plus. En amour ou ailleurs. Ce n'est pas autre chose. On est jamais jaloux parce qu'on aime. C'est de la foutaise.
On est jaloux parce qu'on ne s'aime pas assez.
Et il n'avait jamais été très sensible à la jalousie.
Toutefois, le peu de symptômes qu'il décelait, il les chassait vite et bien, avec en dernier recours cet argumentaire imparable. Mais en l'espèce, il n'avait pas été obligé d'en arriver là. La simple considération de "mais est-ce que tu voudrais vraiment être à sa place ?", à la place du potentiel nouveau petit copain, dont il lira les aventures quelques textos plus tard, est-ce cela qui le tentait vraiment ? Et à la réflexion, pas du tout. Oh, pas pour faire lire à un autre ses aventures par textos, mais simplement parce que, vu ses dernières péripéties, il ne se sentait pas de renouveler ses atterrissages catastrophes dans le désert sans parachute, suivis de longs jours de marche sans eau, rien qu'avec son esprit pour planche de salut. Même pas un mouton dans une boîte. Certains jours ... c'était un petit peu dur. Il en était à peu près là de ses considérations, se demandant ce qu'il allait pouvoir lui répondre, sans doute rien, si ces dernières années lui avaient appris quelque chose dans la communication hommes-femmes quand la question absolue le sonnât net :
Et toi, qu'est-ce que tu as fait, hier soir ?
Et là, la réflexion prit une toute autre tournure.
Parce qu'il avait essayé de cacher, de se cacher, tout ce qui s'était passé non seulement hier soir, mais en plus avant-hier soir. Si les soirées chez l'ambassadeur sont réputées pour le bon goût du maître de maison, les soirées de son CE sont réputées pour l'alcool à gogo. Et au détour d'une conversation, Valérie, la femme d'un de ses amis et accessoirement employé, l'avait abordé sans autre détour que :
Tu m'fais mouiller.
Il y a des phrases que l'on peut dire avec un accent suraigu, une voix défaillante et déraillante, suivie immédiatement d'un "Pfrt" avant un grand éclat de rire d'une jeune collégienne qui aurait osé aller voir un lycéen, sous l'effet d'un Panaché pas frais. Il y a des phrases comme ça qui font rire les deux parties, se prendre les bras par l'épaule, ou l'inverse, et s'en revenir guillerets à la salle des festivités. Je me suis même laissé dire que sur Internet, certaines tentent cette approche remplaçant le "Pfrt" par un point-virgule/parenthèse fermée. 2 caractères en moins. Mais c'est un petit peu différent quand vous connaissez le couple depuis 10 ans. Quand votre ami était présent à votre mariage, quand vous étiez présent au leur, quand Valérie vous passe la main gauche autour de la taille, la droite autour de la nuque, s'humecte les lèvres, laisse planer un silence pour être sûre d'avoir bien capturé vos yeux avec les siens, et vous dit, sans sourciller le moins du monde avec une voix douce et grave :
Tu m'fais mouiller.
Mettant ça sur l'alcool et la fin de nuit, il balaya rapidement d'une plaisanterie et d'un détournement d'épaule, mais la belle ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin.
Pourquoi tu m'embrasses pas ?
- Parce que ton mari est derrière cette baie vitrée.
A la réflexion, c'était vraiment la plus mauvaise réponse dont il avait été capable, mais la phrase d'accroche lui avait suffisament décroché la mâchoire. Il fallait faire vite, répondre vite, la situation était tendue.
Mettons-nous derrière le poteau.
Et en plus il allait falloir jouer serré.
Noooon !
- Pourquoi ?
- Parce que je connais ton mari, et parce que c'est mon ami.
- Et alors ? Moi aussi ?
- J'embrasse pas tous mes amis.
- Moi non plus.
- Et ?
- Embrasse-moi.
L'échange, a bâtons rompus, lui laissait peu de répit. Il avait beaucoup de mal à la défaire, pourtant elle avait bu plus que de raison.
Non.
- Pourquoi ?
- Parce que.
- Mais pourquoi ?
- Parce que j'ai des principes.
- ...
- ...
- Toi !?!
Elle avait vu juste. Il avait tout violé. Tous les principes de l'amour de la société occidentale, il les avait fait voler en éclat. Fidélité, exclusivité, cercle familial, cercle amical, cercle professionnel, tranche d'âge, délais, ... il avait beau faire l'inventaire, si un règlement existait, il avait pris conscieusement soin d'en détourner tous les points. Un par un, scrupuleusement.
Rigoureusement.
Méthodiquement.
Et pas un ne l'avait fait sourciller.
Et elle le savait.
Il mentit.
Il m'en reste quelques uns.
- Ha ! C'est bien ma chance.
- Quoi ?
- Il faut toujours que je tombe sur des mecs avec des principes.
Il fit ce qu'il avait appris à faire depuis peu avec les filles : il ne répondit pas. Même si cette dernière réponse l'intrigait. Dans la salle, la fête battait son plein. Dehors, la neige tombait à gros flocons.
Bon tant pis, dit-elle en le contournant pas sa gauche.
Il se crut tiré d'affaire. Il se trompait. Elle le reprit par le cou et attira son visage contre ses lèvres. Il eut beaucoup de mal à se défaire de son emprise.
Mais si j'étais pas mariée ...Peut-être qu'adolescent il aurait eu des problèmes de teinturier avec cette phrase dite avec le plus grand aplomb dont une femme de 30 ans complètement trompée par l'imagerie d'Epinal de la société est capable. Peut-être que 5 ans auparavant il en aurait saigné du nez. Mais là, la seule chose qu'il voyait, qu'il découvrait subitement, ce premier secret de femmes, c'était qu'elle n'avait pas bu tant que ça, que depuis toutes ces soirées, elle faisait semblant, qu'elle feintait l'ébriété, pour mieux pouvoir profiter de ce dont elle disposait encore : un terrible pouvoir de séduction.
- ...
- Imaginons, je suis pas mariée, on est à une soirée et je t'aborde.
- ...
- Tu m'niques ?
Quoi !?!Il résista, un peu plus fort cetet fois, parce qu'il savait qu'il ne résisterait plus longtemps. Il fit encore un geste plus fort et se débarassa de son emprise, resta face à elle et lui sourit sincèrement pour la première fois. Les boum-boums de la fête à 3mm de vide, 3mm d'air et 3mm de vide à nouveau redoublaient, sous le jeu des lumières dont ils s'étaient, elle inconsciemment et lui volontairement, complètement cachés à présent. Ce bruit régulier et haletant venait se conjuguer au vacarme de leurs coeurs battants, tandis qu'on entendait encore plus la neige qui tombait.
- Tu m'as très bien entendu. Tu m'niques ?
- Mais ...
- Réponds, intima-t-elle en l'attirant de nouveau à lui.
C'est beau la neige qui tombe en montagne. Même la nuit.
Non.
Elle parut un peu déçue de cette réponse, presque blessée. Il lui sourit de nouveau.
D'abord j'essaie de voir si tu es intéressante.
Elle fut intriguée, et après 5 secondes de silence où son cerveau n'avait pas ralenti, elle enchaîna en bougeant les mains
Chers amis bonsoir, aujourd'hui nous allons parler de la situation politique en Irak et ...
Il éclata de rire et lui saisit les poignets pour qu'elle arrête de gesticuler et de risquer de se faire voir. Ses yeux brillaient. Ils étaient beaux.
Non, pas comme ça.
Ses yeux brillèrent à son tour, et durant un long moment, ils discutèrent uniquement avec leurs yeux. Leurs longs échangent étaient à peine troublé par le bruit de la montagne alanguie sous son manteau blanc. Les flocons en tombant faisaient le même bruit que des braises dans la cheminée.
Enfin, il lui relâcha les poignets, ils se sourirent à nouveau et elle rentra dans la salle. Il resta plus longtemps dehors, à la fois pour ne pas éveiller les soupçons, finir une cigarette, et être certain d'avoir vraiment attrapé une angine sous la neige froide de Janvier.
Uniquement vêtu d'une chemise entrouverte, il finit de trembler d'émotion pour commencer à trembler de froid, se rendant finalement compte qu'il faisait largement moins de 0°C.
Il rentra dans la salle.
War band
Il avait rêvé d'une guerre sans arme, une espèce de paintball géant qui aurait l'énorme avantage de ne pas immobiliser les perdants ... et les gagnants aussi à la réflexion. Dans son grand jeu, les belligérants se battraient encore pour des idées, pour des drapeaux, pour des gens qui font faire la guerre aux autres parce qu'ils ne peuvent pas se la faire eux-mêmes ... en fait, on pourrait imaginer toutes les excuses et toutes les raisons qu'on trouve habituellement à la guerre, invention typiquement humaine, aucun animal n'est assez con pour faire la guerre. La seule différence, c'est que les armes seraient remplacées par des répliques. Les mitraillettes par des pistolets de lasergame, les fusils par des paintball, les grenades par des ballons de baudruche remplis d'eau. En échange de la vie épargnée et de séquelles évitées, chaque "soldat" aurait l'honnêteté de reconnaître sa défaite et sortirait de la zone de combat. Il retournerait à l'arrière, mener des activités de l'arrière : ne rien faire dans la nonchalance et l'attente de la victoire ou de la défaite. Quelle a déjà été la conséquence juste d'une guerre ? Quelle a déjà été la motivation juste d'une guerre ? Il en déduisit que le lasergame pourrait être à la guerre ce que le jeu "Rock band" était à la musique : un grand défouloir pour ceux qui veulent l'adrénaline sans prendre les risques. Et au fond, si Rock band ne lui inspirait guère, c'est le cas de le dire, que du mépris, ce remplacement du plomb par de la lumière ou même des projectiles de paintball aurait évidemment des vertus apaisantes sur les consciences humaines.
La planète des singes de Tim Burton est complétement révélateur de nos attitudes envers les armes, la fascination qu'elles exercent sur nous. Quand les singes, quand le premier singe se saisit d'une arme, il est très excité et en fait démonstration. Cette scène est reprise dans un épisode de la série Stargate SG1. Et tous talentueux, comprendre qu'ils connaissent les points sensibles sur lesquels agir pour nous faire aimer quelque chose, qu'ils soient, je ne crois pas les scénaristes d'Hollywood suffisament érudits et précognitifs pour ne pas s'inspirer des hommes lors de ces scènes. Je laisse ici la minuscule à dessein. Je ne crois pas que les femmes subissent aussi cette attraction pour les armes. L'arme est objet de fascination (noter l'étimologie proche de fachisme) parce qu'elle apporte immédiatement le pouvoir à qui la détient. Pouvoir au sens d'imposer sa volonté aux autres. Si l'arme n'est pas symbole de pouvoir, au contraire, elle est traditionnellement bânie de nos cultures, elle y est quand même largement associée pour ce qu'elle est objet de coercition. L'arme n'est pas le fouet, le sceptre, le bâton, la crosse, l'étendard, encore moins la colombe, le bouclier, la chouette ... l'arme, principalement l'arme à feu (combien de films sortent aujourd'hui sans une image d'arme à feu ?) est juste l'instrument d'obtempération. Elle est d'ailleurs très largement utilisée à cette fin dans le cinéma. L'homme a le pouvoir parce qu'il tient une arme et qu'il en menace un autre. Audi dirait :
L'arme est un retour paradoxal à tout ce que la société humaine a combattu. Je ne sais plus (un costaud sans doute) qui disait que la société humaine, au contraire des animaux, est la société des faibles, des pas costauds. Les faibles ont réussi à imposer la conception d'une société où ce sont les moins costauds qui gouvernent, mis-à-part la Californie. Les moins costauds, mais les plus intelligents. En ce sens, l'Homme est vraiment complètement différent de l'animal : chez l'animal, la raison du plus fort est toujours la meilleure, ça ne souffre pas de discussion. Demandez au cerf, demandez au lion ... ici, on ne sait pas ce que c'est que mourir pour des idées, mais mourir pour un territoire, un harem ou un morceau de viande, on sait ce que ça veut dire. Presqu'en fait puisqu'en général, les animaux ne vont pas jusqu'à la mort. Le vaincu a suffisament d'instinct de conservation pour abandonner le combat. Et l'homme avait réussi à dire : ce n'est pas parce qu'on frappe plus fort qu'on a forcément raison, et toi, homme musclé, sans moi, homme intelligent (et on me fait grâce des propos à 2 balles de "ah oui, ça veut dire qu'on peut pas être fort et intelligent à la fois", que je renvoie de toutes façons à la chanson de Jacky), tu n'es rien. Et puisque la publicité tient plus de place dans nos esprits que l'encyclopédie universelle, je cite Pirelli :
Presque.
A une exception près.
Que l'homme oublie souvent de rappeler. C'est que ceux qui sont arrivés à ce pouvoir, au fond le veau d'or de toutes les sociétés, l'être humain me débecte, se sont empressés de rajouter : "faudrait pas que ces cons-là prennent les armes contre moi qui ai eu autant de difficultés à obtenir ce que je voulais." Alors, l'homme a créé les armes. Pour convaincre ses rivaux qu'il avait raison (2ème guerre mondiale). Pour convaincre les indécis qu'il avait raison (terreur nucléaire pendant la guerre froide, crise des fusées Pershing au début des années 80). Pour convaincre les siens qu'il avait raison. Pour ce dernier point, je ne mets pas d'exemple ... parce qu'il n'y en pas besoin. Et c'est ça le plus éblouissant et le plus terrifiant. Le plus éblouissant parce que le pouvoir y est arrivé sans que ça ne fasse hurler quiconque. Le plus terrifiant parce que plus personne ne voit que nous ne sommes plus en démocratie (tiens, c'est marrant, quand j'ai commencé ce texte, je pensais pas du tout que j'allais en arriver là).
Le deuxième amendement des Etats-Unis d'Amérique a été créé, très peu de temps après la Constitution et selon des préceptes très sages selon moi, mais l'enfer n'en est-il pas pavé ?, pour que les citoyens puissent se révolter contre leurs dirigeants, si ceux-ci ne leurs convenaient plus. Dans la pratique, les gouvernements ont eu tôt fait de se doter d'armes encore plus performantes. La preuve, c'est que si vous vous baladez un pavé à la main un soir d'élection présidentielle en France, vous prendrez 4 mois fermes. Une autre preuve, plus convaincante, c'est l'ensemble des moyens anti-émeutes (camions lanceur d'eau, gaz lacrimogènes, micro-ondes, ...) qu'on déploie contre la moindre manif' un peu tendue. En France, et dans le reste du monde, on a le droit d'être en colère. Mais il faut le demander gentiment. Restons chez nos amis les Ricains, qui sont évidemment le mal absolu et nous sommes les gentils défenseurs des droits de l'homme. Au fond, notre Constitution est antérieure à la leur ... ah!, on me signale que non. Alors que ces salauds de libéraux d'Anglais ... ah! on me signale que encore moins. Mais restons donc au pays de l'oncle Sam. Les armes y font un carnage démentiel. Mais pas pour le respect de la Constitution et l'éradication des tyrans, non. Les armes font un carange pour le respect de la sainte propriété privée. Surtout s'il s'agit de quartiers, de drogue, de putes ou de jeux. Et accessoirement de lycéens.
L'homme, devant une arme, ne vaut pas beaucoup plus qu'un chimpanzé.
Demain, nous partirons d'un autre sujet et nous arriverons encore à une autre conclusion qui n'était évidemment toujours pas prévue. Cette fois, j'essaierai de dire pourquoi l'Homme vaut beaucoup plus que Dieu (mais j'aurai du mal (et pourtant, Dieu c'est pas mon pote)).
... il avait rêvé d'une guerre sans mort.
PS du 20/5/2012 : Serge Dalens avait écrit “la guerre serait un jeu merveilleux si les morts se relevaient quand elle est terminée”, dans http://www.gentillesorciere.fr/2010/11/11-novembre-2/
La planète des singes de Tim Burton est complétement révélateur de nos attitudes envers les armes, la fascination qu'elles exercent sur nous. Quand les singes, quand le premier singe se saisit d'une arme, il est très excité et en fait démonstration. Cette scène est reprise dans un épisode de la série Stargate SG1. Et tous talentueux, comprendre qu'ils connaissent les points sensibles sur lesquels agir pour nous faire aimer quelque chose, qu'ils soient, je ne crois pas les scénaristes d'Hollywood suffisament érudits et précognitifs pour ne pas s'inspirer des hommes lors de ces scènes. Je laisse ici la minuscule à dessein. Je ne crois pas que les femmes subissent aussi cette attraction pour les armes. L'arme est objet de fascination (noter l'étimologie proche de fachisme) parce qu'elle apporte immédiatement le pouvoir à qui la détient. Pouvoir au sens d'imposer sa volonté aux autres. Si l'arme n'est pas symbole de pouvoir, au contraire, elle est traditionnellement bânie de nos cultures, elle y est quand même largement associée pour ce qu'elle est objet de coercition. L'arme n'est pas le fouet, le sceptre, le bâton, la crosse, l'étendard, encore moins la colombe, le bouclier, la chouette ... l'arme, principalement l'arme à feu (combien de films sortent aujourd'hui sans une image d'arme à feu ?) est juste l'instrument d'obtempération. Elle est d'ailleurs très largement utilisée à cette fin dans le cinéma. L'homme a le pouvoir parce qu'il tient une arme et qu'il en menace un autre. Audi dirait :
il a le flingue, il aura le pouvoir.
L'arme est un retour paradoxal à tout ce que la société humaine a combattu. Je ne sais plus (un costaud sans doute) qui disait que la société humaine, au contraire des animaux, est la société des faibles, des pas costauds. Les faibles ont réussi à imposer la conception d'une société où ce sont les moins costauds qui gouvernent, mis-à-part la Californie. Les moins costauds, mais les plus intelligents. En ce sens, l'Homme est vraiment complètement différent de l'animal : chez l'animal, la raison du plus fort est toujours la meilleure, ça ne souffre pas de discussion. Demandez au cerf, demandez au lion ... ici, on ne sait pas ce que c'est que mourir pour des idées, mais mourir pour un territoire, un harem ou un morceau de viande, on sait ce que ça veut dire. Presqu'en fait puisqu'en général, les animaux ne vont pas jusqu'à la mort. Le vaincu a suffisament d'instinct de conservation pour abandonner le combat. Et l'homme avait réussi à dire : ce n'est pas parce qu'on frappe plus fort qu'on a forcément raison, et toi, homme musclé, sans moi, homme intelligent (et on me fait grâce des propos à 2 balles de "ah oui, ça veut dire qu'on peut pas être fort et intelligent à la fois", que je renvoie de toutes façons à la chanson de Jacky), tu n'es rien. Et puisque la publicité tient plus de place dans nos esprits que l'encyclopédie universelle, je cite Pirelli :
sans intelligence, la puissance n'est rien.
Presque.
A une exception près.
Que l'homme oublie souvent de rappeler. C'est que ceux qui sont arrivés à ce pouvoir, au fond le veau d'or de toutes les sociétés, l'être humain me débecte, se sont empressés de rajouter : "faudrait pas que ces cons-là prennent les armes contre moi qui ai eu autant de difficultés à obtenir ce que je voulais." Alors, l'homme a créé les armes. Pour convaincre ses rivaux qu'il avait raison (2ème guerre mondiale). Pour convaincre les indécis qu'il avait raison (terreur nucléaire pendant la guerre froide, crise des fusées Pershing au début des années 80). Pour convaincre les siens qu'il avait raison. Pour ce dernier point, je ne mets pas d'exemple ... parce qu'il n'y en pas besoin. Et c'est ça le plus éblouissant et le plus terrifiant. Le plus éblouissant parce que le pouvoir y est arrivé sans que ça ne fasse hurler quiconque. Le plus terrifiant parce que plus personne ne voit que nous ne sommes plus en démocratie (tiens, c'est marrant, quand j'ai commencé ce texte, je pensais pas du tout que j'allais en arriver là).
Le deuxième amendement des Etats-Unis d'Amérique a été créé, très peu de temps après la Constitution et selon des préceptes très sages selon moi, mais l'enfer n'en est-il pas pavé ?, pour que les citoyens puissent se révolter contre leurs dirigeants, si ceux-ci ne leurs convenaient plus. Dans la pratique, les gouvernements ont eu tôt fait de se doter d'armes encore plus performantes. La preuve, c'est que si vous vous baladez un pavé à la main un soir d'élection présidentielle en France, vous prendrez 4 mois fermes. Une autre preuve, plus convaincante, c'est l'ensemble des moyens anti-émeutes (camions lanceur d'eau, gaz lacrimogènes, micro-ondes, ...) qu'on déploie contre la moindre manif' un peu tendue. En France, et dans le reste du monde, on a le droit d'être en colère. Mais il faut le demander gentiment. Restons chez nos amis les Ricains, qui sont évidemment le mal absolu et nous sommes les gentils défenseurs des droits de l'homme. Au fond, notre Constitution est antérieure à la leur ... ah!, on me signale que non. Alors que ces salauds de libéraux d'Anglais ... ah! on me signale que encore moins. Mais restons donc au pays de l'oncle Sam. Les armes y font un carnage démentiel. Mais pas pour le respect de la Constitution et l'éradication des tyrans, non. Les armes font un carange pour le respect de la sainte propriété privée. Surtout s'il s'agit de quartiers, de drogue, de putes ou de jeux. Et accessoirement de lycéens.
L'homme, devant une arme, ne vaut pas beaucoup plus qu'un chimpanzé.
Demain, nous partirons d'un autre sujet et nous arriverons encore à une autre conclusion qui n'était évidemment toujours pas prévue. Cette fois, j'essaierai de dire pourquoi l'Homme vaut beaucoup plus que Dieu (mais j'aurai du mal (et pourtant, Dieu c'est pas mon pote)).
... il avait rêvé d'une guerre sans mort.
PS du 20/5/2012 : Serge Dalens avait écrit “la guerre serait un jeu merveilleux si les morts se relevaient quand elle est terminée”, dans http://www.gentillesorciere.fr/2010/11/11-novembre-2/
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