30 octobre 2009

J'ai encore rêvé d'elle

J'ai encore rêvé d'elle. Je n'ai rien fait pour ça. Elle est plutôt jolie. Je crois qu'elle est faite pour moi. Dans mon rêve, elle avait son physique, mais un comportement bien plus expansif et beaucoup moins complexé que celui qui est le sien. Elle était tout-à-fait aimable.
Sauf qu'à l'occasion d'une fête que j'avais organisée, ou en mon honneur, il y avait du monde ... Beaucoup de monde. Et que je devais choisir entre Delphine et elle. Et que Benoît voulait Delphine et que tout le monde était convaincu que c'est moi qui allait l'avoir. Elles, dépitées, commençaient à s'occuper entre elles. Et moi, surmené, je m'occupais du reste. De mes amis, de parler, d'organiser ... Tandis que elles s'isolaient avec d'autres. J'étais donc tranquillement en train de la perdre. Et quand je m'en apercevais, il était presque déjà trop tard. Je courrai vers elle, alors que tout le monde, même Benoît, croyait que je courais vers Delphine. Finalement, je lui dévoilai mes intentions et elle était tellement ravie d'être l'objet de mon choix qu'elle me pardonnait immédiatement mes absences.
Nous devions nous isoler, au 1er étage d'un appartement du château, dans le village où j'ai grandi. Mais là encore, des milliers de choses à organiser, des centaines de conversdations auxquelles prendre part, mon vieil ami Seb que je vois plus rarement qu'elle, et puis nous sommes amants : elle comprendra et patientera.
Et d'ailleurs, peu de temps après, après quelques discussions et rassurances (on ne rate pas les préliminaires d'une relation naissante sans une excellente, longue et laborieuse explication ...), nous nous retrouvons dans les mêmes draps et nous commençons ... quand je suis de nouveau happé par mes obligations : discussions encore, réflexions à nouveau ... serai-je un jour libéré d'elles ?
Et tandis que mes amis me signalent que si ça continue, je vais la perdre, et je sais qu'ils ont raison, je me résigne quand je vois voltiger au-dessus de nous un Tie-Fighter et que je sais que c'est elle qui le pilote.
Nous nous retrouvons, je lui présente à nouveau mes plus plates et pathétiques excuses, mais elle me dit que c'est trop tard.

J'ai encore rêvé d'elle, et elle m'a transmis un message. Que si je sais, à peu près, gérer mes priorités sur tous les autres domaines, j'échoue encore lamentablement sur les questions amoureuses ...
Si tu t'es reconnue dans ces quelques lignes, reçois toutes mes excuses.
J'ai encore rêvé d'elle, et elle m'a dit de cueillir sans attendre ce qui se présentera, d'appliquer ici ce que je prêche ailleurs.

23 octobre 2009

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Gap

J'ai une relation privilégiée avec les Hautes-Alpes.
Pour moi, il ne faut pas toucher à Serres, à Veynes, à Gap, à Guillestre, au Queyras ...
Et même si je n'aurai pas, je le sais, l'occasion d'y aller prochainement comme je le pensais un moment, une vision comme celle qui suit m'émeut profondément :


Lien : http://www.superno.com/photos/picture.php?cat=85&image_id=1148

[Edit du 25/11/2009] :

Vendredi, à une heure où vous dormez

Je rentre à peine pour me coucher pour une "nuit" évidemment trop courte. Le chien du voisin aboie et je vais devoir boire beaucoup d'eau. J'ai rencontré Cécile, Carine, Caroline (ou Christine), Lyvia, Aurélie, Myriam, la rousse, une brune (Claire je crois) et sa cousine (zut, j'aurais dû brancher sa cousine moins jolie avant elle pour qu'elle me foute la paix), Caroline, Clémentine, Nicolas et Florent. Je me suis entendu dire que j'avais des allures de gay - ce qui, au final, doit être vrai - et je suis défoncé. Mais rassurez-vous : dans quelques heures, je travaillerai pour votre retraite !!! Je vous laisse : je vais boire de l'eau !!!

Edit : je pose l'après-midi. Je suis trop vieux pour ces conneries !

19 octobre 2009

Johanna F.

J'ai revu Johanna F.
Comme ça, dans le bus.
Je ne l'ai pas reconnue tout de suite. Elle était mignonne et me regardait, alors je l'ai regardée. Et très vite, je me suis souvenue d'elle. Nous avions travaillé ensemble voici quelque temps. Et je me souviens qu'à l'époque, j'aurais donné beaucoup pour sortir avec elle. Et tandis qu'elle me souriait, signe univoque de sa reconnaissance à mon endroit, j'avais le cerveau et la mémoire qui travaillaient à toute allure pour retrouver son prénom. Evidemment, ça se voyait sur mon visage comme le nez au milieu de la figure !
Ca faisait trop longtemps que j'avais cette tête d'ahuri, d'abruti et de goujat, alors j'ai sorti le prénom qui avait le plus de probabilités de correspondre, faisant fi des conséquences d'une mauvaise réponse :
Johanna !

Son sourire aggrandi me donna la réponse : j'avais gagné. J'avais décroché la palme. J'allais alors saisir mon trophée, une bise claquante à un ex-canon dans ce bus bondé. Ex-canon, mais elle avait quand même de beaux restes. Je joignais le geste de la parole et lui indiquais mon prénom, de peur de la mettre dans la même gêne où j'avais été :
Olivier
- Je sais.

Ah ! Ca, ça fait mal ! Ou ça fait du bien ! Soit parce que cette fille très jolie, après toutes ces années, se souvenait de moi, l'insignifiant, surtout à l'époque, soit parce que j'avais galéré à retrouver son prénom, moi. En fait que j'avais accordé moins d'importance à elle qu'elle à moi.
Avouons tout-de-même que je n'allais pas l'apostropher en lui disant :
Hé ! Je te reconnais ! Tu es la fille avec qui, quand on bossait ensemble, j'aurais donné beaucoup pour sortir avec !!!

Non, décidemment, je préférais avoir fait l'effort de me souvenir (et de trouver) son prénom !
Très vite, elle m'a raconté sa vie comme un contrôle technique, très vite, j'ai fait de même. Quel con ! Aucune poésie dans ma réponse, la faute au vendredi soir. Et pourtant, il y avait des choses à dire. Pendant que notre semblant de discussion s'échouait calmement sur la longue autoroute saturée de l'indifférence, je me dis que j'aurais pu lui répondre la vérité, j'aurais dû lui répondre la vérité.
Alors, qu'est-ce que tu deviens ?
- Bêinh, je suis divorcé, j'ai 2 enfants, je vis seul, mon boulot me gonfle, je fais de la musique et j'aimerais bien en vivre, je suis prof, j'ai réussi un entretien assez dur, j'ai commencé un roman, et il y a quelques temps, j'aurais donné beaucoup pour sortir avec toi.

Et bien non. Au lieu de ça, je lui ai dit :
Je travaille toujours dans le même domaine.


Descendant du bus, elle m'a souhaité un bon week-end, coupant court et net le dialogue que finalement, je n'avais ni l'envie ni l'énergie de rengager. J'en profitais pour constater que sa chute de rein n'avait rien perdu de son arrogance.
Le vent glacé qui surgit dans le bus me rappela rapidement à notre condition.

Désaffect(at)ion

Mon collègue et néanmoins chef-de-projet m'informe que les procédures que je m'efforce de mettre en place depuis 2 mois semaines vont passer par pertes et profits, au profit, justement, de nouvelles procédures qu'il vient de créer. Il aborde le sujet avec toutes les circonvolutions qu'on peut imaginer dans ce cas, craignant de me faire de la peine.
Je prends la mine concernée, mais feins difficilement mon indifférence totale par rapport à cette démise. Ce projet m'a permis de glander 6 semaines et de faire ce que j'aime pendant 2 ... et d'être payé pendant 8 !!! Après, le résultat ... Je m'en fous un peu. Je me suis bien amusé avec les procédures stockées, j'ai bien galéré avec des spécifications fonctionnelles incompréhensibles, mais il n'y a pas grand chose d'autre à en retirer. J'ai fait le tour de mon métier et je m'ennuie. Ferme.
Ce qui me gêne le plus, c'est que cette inefficacité pourrait finir par se voir et me coûter mon estime, pire, ma place. Et après ?

14 octobre 2009

Skull Kid

Je linke (c'est le cas de le dire) pas souvent.
J'ai laissé un commentaire, trouvant que la fille des bois ressemblait au Skull Kid de Majora's Mask.
J'ai raté des épisodes des jeux vidéos, je l'ai dit ici. Je vous laisse les Tombraider, quelques Wipeout et Motoracer aussi (même s'il était bon). Je vous laisse les cinématiques anti-ludiques et les contes mal racontés. J'abandonne sans regret aucun la reine 3D hagiographiée au détriment de la maniabilité, le funplay sacrifiée devant la liberté de mouvements.
Mais s'il y a un jeu, parmi quelques rares, que je regrette d'avoir loupé à cette époque, c'est bien ce Majora's Mask.
Et cette BD donc, qui revient me taquiner pour acheter le Zelda Collector's Edition et réssusciter ma bonne vieille Gamecube ...


Echange tragédie Palom-Porom contre mélancolique nostalgie Zeldaïenne.

Edit : j'avais repéré Zelda Collector's Edition (Legend of Zelda, Adventures of Link, Ocarina of Time et Majora's Mask). Le fait qu'il soit en 60Hz (donc, pas jouable sur la carte vidéo que je venais de récupérer de mon frère), que je doive suivre l'enchère sans accès Internet, que finalement, le prix que j'avais mis était dépassé (de peu), ont été autant de signes que j'ai préféré écouter. Comme le hussard sur le toit, tous ces jeux resteront autant de jouets derrière une lucarne inaccessible, sur les toits de Manosque.

13 octobre 2009

Entretien d'embauche (3)

Il y a 6 mois, j'avais passé un entretien qui, je le croyais, s'était bien déroulé.
Candidature ajournée, m'avait-on dit.

Dont acte.
Hier, c'était l'ajournement, donc mon 2nd entretien. 2nd parce que j'étais déterminé à ce qu'il n'y en ait pas de 3ème. Au bout d'une heure d'attente, l'entretien commence finalement, avec des questions connues ou médiocres. En tous cas, pas à la hauteur du précédent. A la fin d'ailleurs, ça commence peut-être à se voir parce qu'autant ma dernière réponse au 1er entretien était grandiose, autant celle-ci était presqu'insolente.
Et voilà. 1 heure d'attente pour 5 minutes de rediffusion. C'était presque TF1 !
Je sors déçu. Tellement déçu que pour moi, c'est clair : on ne me prendra pas, et même si on me prend, mes interlocuteurs ont été tellement loin de ce que j'espérais que je n'ai plus spécialement envie d'adhérer. Disons-le tout net : mon recruteur était plus séduisant voici 6 mois et j'ai été largement meilleur lors de ma 1ère prestation. A des années-lumière. Aucune raison, ni pour l'un, ni pour l'autre, de donner une suite à ma démarche.
Ainsi va la vie. Des fois tu gagnes, des fois tu perds.
Il est 22h, je remonte ma rue dans un vent froid et gifflant, je suis seul et je suis fatigué.
Et je suis déçu par tous les espoirs que j'avais placés dans cet entretien d'embauche.
Mais ainsi va la vie.

Et ce matin très logiquement, j'ai reçu un appel :
Bonjour monsieur. Votre prestation a fait forte impression. Que diriez-vous de commencer dans 2 semaines ?

11 octobre 2009

Chaud, froid et confiance en soi

Les gens qui soufflent le chaud et le froid sont soit des gens qui essaient de vous séduire, soit des gens qui n'ont pas confiance en eux. Pour les premiers, la question ne se pose pas. Mais pour les seconds, il reste a savoir ce que l'on souhaite en faire ...

09 octobre 2009

Les photos (2)

... et bien j'ai été tenté de me séparer de ces appareils photo. Au fond, je prends bien plus de photos avec mon téléphone portable qu'avec eux (c'est-à-dire, environ 2 par mois). Une photo sur mon téléphone, c'est gratuit. Sur un numérique, c'est 1€. C'est cher pour 95% de rebuts ... Et pour regarder des photos sur un écran de portable, on a pas forcément besoin d'un full frame reflex argentique. Surtout, finalement, pour des paysages.
Et puis, Sigma a frappé fort avec ses DPs. Et quand j'aurais de la thune, je m'offrirai un Leica X1 ou M9 (OK, quand j'aurais beaucoup de thune).

...
Et puis, j'ai regardé ces 2 appareils, vieux de plusieurs dizaines d'années, qui avaient appartenu à mon père et mon grand-père. Je les ai vus dans leur étui soviétique en cuir moche. Je les ai vus posés sur mon étagère, à prendre consciencieusement la poussière, témoins anonymes du temps qui passe en flagrant-délit. Certaines de mes images sont passées par eux. Je suis passé par l'objectif, pour me réfléchir d'abord dans le miroir, puis dans le prisme, puis dans leur oeil. Je suis passé aussi par l'obturateur, à la vitesse de la lumière, pour venir m'écraser et m'imprimer définitivement sur une pellicule qui n'existe sans doute plus aujourd'hui. Ainsi de ma mère, de mon frère ... peut-être de ma soeur.
Ceux qu'on voit rarement sur les photos, ce sont les photographes. L'oeil du photographe nous montre ce qu'il voit, pas ce qu'il est. C'est injuste, mais c'est comme ça. C'est nous qui, en nos mémoires, photographions ce photographe, à tous les instantanés de nos vies. Est-il là pour témoigner ou pour s'échapper ? Pour peindre ou pour oublier ?
Des fois, je photographie. C'est très humble. Karim est meilleur que moi. Mais je prends mon temps. Je réfléchis à ce que je veux montrer ; c'est sans doute pour ça que je suis un mauvais photographe. Je veux montrer ce qu'il y a, pas ce que je vois. Je compose, je règle l'ouverture, je mesure l'exposition puis je règle le temps. Comme j'ai appris, seul. Je fais ma mise au point.Je vérifie la composition, encore, je vérifie la profondeur de champ, bien courte, même pour des paysages lointains (ce qui est complètement inutile), j'ajoute un ou deux effets (tiens, si je brûlais ma pellicule), et j'arme.
Je refais encore toutes ces vérifications, je regarde ce que ça va donner et mon index droit est au-dessus du déclencheur. Tout est prêt à partir, mais j'attends encore un peu, je regarde, et je savoure. Dans quelques instants, tout sera terminé, alors tant qu'à faire, autant profiter encore un peu.
Je regarde, et c'est beau.
Un dernier instant de réflexion, et j'appuie.


...
je vais les garder finalement mes bons vieux argentiques.
Papy, je peux faire une photo ?


Liens :
http://inconsolableetgai.blogspot.com/2009/05/les-photos.html
http://www.dpreview.com/previews/LeicaX1

Le temps est assassin

Regarde ce que le temps a fait de nos vies. Le temps passe, on rit comme des enfants, on se retourne, on y prend pas garde et d'un seul coup, comme une bourrasque dont on a pas su se protéger, le temps nous a tout pris.
Les rires, les parents, tous nos héros d'avant ...
Il a emmené nos rires et nos sourires, ton regard, tes silences qui découpent notre complicité, ta respiration au milieu de la nuit et ce que nous nous aimions.
Regarde ce que le temps a fait de nous, parce que nous étions tellement sûrs qu'il était notre allié. Regarde comme nous avons été orgueilleux de croire que par quelque prédisposition des astres, nous pourrions être différents.
Regarde ce que le temps a figé dans le passé et dans le regret ...

08 octobre 2009

L'inaccessible étoile

J'y ai cru. Pendant longtemps.
J'ai espéré.
J'y ai aspiré.
Un jour, j'ai parié dessus.
Depuis, je l'ai ressenti.
Et plus je m'en approche, plus j'ai l'impression qu'il s'éloigne.
Je suis comme Achille et la tortue, qui se rapproche de sa cible en parcourant à chaque itération la moitié de la distance qui le sépare d'elle. Le théorème dit qu'il y parvient.
En un temps fini (ou pas finalement, je ne sais plus).
Mais lointain.
Mais le lointain pour un homme n'est pas accessible.
Pas plus que finalement ma cible, mon étoile.
Elle reste loin.
Je crois la voir, au détour d'une rue, au hasard d'une conversation, et elle tourne le dos, ou ce n'était que son ombre, son reflet, ou pire, une lentille gravitationnelle.
Alors je continue à errer dans la vie, comme une sonde Voyager dans l'espace.
Prière d'attacher vos ceintures et de ne pas perdre espoir.

L'olympia, 2 ans après

Il y a 2 ans, presque jour pour jour, je suis monté sur la scène de l'Olympia.
J'avais fait un article sur mon ancien blog :

Ce week-end, on est allé à l'Olympia. Bien sûr, c'est pas le Stade de France, c'est pas Knebworth, c'est même pas le Madison Square Garden. Mais pour beaucoup de gens de ma génération, et soyons francs, la génération précédente, c'est une salle mythique. C'est la salle des Beatles, de Claude François, Jacques Brel, une salle qui a fait rêver ma mère, mes oncles et que connait ma grand-mère.
Alors j't'explique le truc. Quand par un concours de circonstances, on se retrouve au 1er rang, au milieu, devant des lampes dont le filament brille seul comme les amplis à lampe, comme dans les années 60, déjà, ça fait quelque chose. Je pense à mes ancêtres. Attention, mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer.
Après, quand la 1ère partie, Zoe, commence à chanter, je me souviens des filles hystériques qui cassaient les fauteuils voici 43 ans. Et la fille, elle appelle un mec dans l'assistance. On m'avait prévenu. Et hors de question que je laisse passer ma chance. Maman, tontons, je vais monter sur la scène de l'Olympia ...
Et oui, je monte sur la scène de l'Olympia. Je suis sur la scène de l'Olympia. 2000 personnes pour moi. Merci Zoé de me permettre ça. Tu ne le sais pas, mais je te suis plus redevable que tu ne dois l'être pour accomplir le numéro de ta prochaine chanson. Mais oui, allume-moi, séduis-moi pendant ta chanson. Montre-moi que finalement, on peut être blonde et charmante. Dévoile-moi le bleu baltique de tes yeux que ta robe presque trop courte a éclipsé. Souris-moi et plonge dans mes yeux comme je plonge dans les tiens. Souris-moi encore et regarde mes lèvres pendant que je regarde les tiennes. Souris-moi plus pendant que je te serre par la hanche ou que je t'embrasse sur la joue. Souris-moi enfin et libère-moi de la scène. Merci Zoé.
Merci.
Je redescends, touche difficilement terre, et pendant que je fais semblant de continuer à m'intéresser à elle, je revis. Pas de bol, c'est peu après que j'ai la révélation, celle qui aurait dû m'être évidente depuis tellement longtemps mais que des années de bocal et de conformisme m'ont toujours empêché d'imaginer ... je veux être rock-star.
Sur la scène, là devant tous ces gens qui me voudraient, je veux ça. C'est pas compatible avec une vie de famille ? Tant pis. C'est ça que je veux. Pour une fois que je sais exactement et profondément ce que je veux faire !
Et tu sais quoi ? Tout ça, tous ces possibles, ils ont été révélés parce que j'ai suivi ma femme ce week-end.
Merci à elle.
Merci Zoé.

Où serais-je dans 2 ans ?

05 octobre 2009

Ce que le prof a fait hier soir

Le prof voudrait vous dire ce qu'il a fait hier.
Qu'il a regardé à nouveau Jerry MaGuire. Qu'il a trouvé ça tour-à-tour écoeureant, débile, motivant, beau, encourageant, rageant, grandiose, rêvant, à côté de la vraie vie ...
Le prof, jeune con, aurait aimé te dire combien ce film est un condensé de ta vie, et de sa vie passée.
Le prof, jeune con ambitieux, aimerait te dire combien tu devrais réfléchir à ta vie personnelle avant de te caresser sur ta vie professionnelle.
Le prof, jeune phéronomée, aimerait te rappeler que des gros nichons n'ont jamais remplacé un brin d'humilité.
Le prof aimerait te dire qu'il y a plus de poésie dans une discussion improvisée et inconvenue que dans l'optimisation d'un type de données lors d'une MPD.
Le prof aimerait vous dire qu'il est désolé (et apeuré) de s'être indigné, mais putain de nom de dieu de bordel de merde, en M1 on doit être capable de se tenir un peu tranquille 30 secondes.
Le prof aimerait te dire qu'en fait, c'est pas du tout le règlement qui l'y pousse, mais la prochaine fois, jeune graine de fanfarron, tu finis à la porte et marqué absent. Surtout si derrière, c'est pour fayotter pendant 90 minutes, courtebite !
Le prof aimerait vous dire combien vous l'avez épuisé.
Le prof aimerait vous dire combien, quand vous l'avez écouté apporter sa valeur ajoutée à un TD Access, il s'est senti utile, à sa place dans la société.
Le prof a ri quand vous avez ri de ses blagues.
Le prof a ri quand vous n'avez pas ri de ses blagues.
Le prof a oublié de vous dire d'aller voter pour La Poste.
Le prof revient la semaine prochaine. Il aura pas corrigé vos TD.

02 octobre 2009

Les consoles se cachent pour mourir

Je regarde les gaspillages de la Sega Saturn et l'adoubement de la Nintendo 64 face à la PlayStation. C'était à une époque où Nintendo souffrait, faisait profil bas. Peu de temps après, la Gamecube serait la console la moins chère du marché. Mais oui, c'est le même Nintendo que l'arrogant qu'on connaît aujourd'hui.
Je regarde ces consoles avoir échoué, s'être échouées. Les espoirs que les ingénieurs, et surtout les marketeux avaient placé en elles. Je me souviens de ces millions d'adolescents (à l'époque, seuls les adolescents masculins s'intéressaient aux consoles) s'être passionnés, patiemment fanboyisés à grand coup de Megadrive et de Super Nintendo. J'ai été d'eux.
Et je n'ai pas compris, je n'ai pas vu.
Le temps que la Play débarque avec force piratage, j'étais out. Je n'ai pas compris les graphismes de FF7. Ni ses cinématiques. Je voulais juste jouer. Je n'ai pas compris qu'on fantasme sur une centaine, puis un millier de polygones, de triangles en fait. Même si au final, c'était sensé représenter Lara Croft aux seins pointus. Je n'ai pas eu peur devant Resident Evil. J'étais surtout gêné par les caméras. Et je n'ai pas aimé Super Mario 64, je ne comprenais pas les contrôles.
Je suis un dinosaure.
Je regarde interrogatif les 5 (cinq !) consoles qui gisent dans mon placard : Megadrive (2, avec quelques jeux auxquels je n'ai jamais joué), Dreamcast, Playstation, Gamecube et Gameboy Micro. Toutes en état de marche, elles ressemblent plutôt à des pierres tombales et leur épitaphe :
C'est moi qui t'ai fait connaître Madden, le jeu auquel tu auras le plus joué !!!
Je suis aussi la console (enfin, l'une de celles) de ton meilleur ami. Et puis NFL 2K2, ça arrache tout, non ?
Tu te souviens de Croc à Casino ?
Je suis la Gamecube, le baroud d'honneur du monde d'avant, avec Super Mario Sunshine quand le monde se passionnait pour Halo !
Vous jouez où avec la vôtre ? T'as vu mon Dragon Quest Monsters Caravan Heart pirate version US ? Et Sword of Mana ? Et tous ces bons Super Mario ...

Toutes sont des marqueurs de moi, le contraire de bouts de moi, dans le sens qu'elles ne me constituent pas ; c'est moi qui y ait laissé des morceaux. De doigts, de sommeil, de sueur, de tension ... ma première nuit blanche devant Alex Kidd, les moments de galère devant Ghouls n' Ghost, (tous) les matches de John Madden ...

Je remonte plus loin et je vois le Commodore 64, les courses de Pitstop II avec mon frère, mes débuts à Flight Simulator, les jeux avec Seb sur CPC, Golden Axe sur sa Megadrive (il a toujours été en avance sur moi pour les consoles !) ... Aujourd'hui encore, je me surprends à voir ce que sont devenus les héros de ce temps : journalistes, programmeurs, graphistes, musiciens ...
Ah que ce monde-là était merveilleux !
Oh, je fais pas le couplet du vieux con. C'était bien avant, et c'est très bien aujourd'hui. Différent, bien sûr, mais pas moins bien. Ceux qui disent ça ne vivent pas assez. Et en fait, enfant et ado, j'aurais donné beaucoup pour vivre ma vie, tranquille, pénard, excitante par moments (et décevant par d'autres, hein, tu m'as pris pour les feux de l'amour ou quoi ?).
Et je me retrouve, 24 ans plus loin, bientôt 25. Je me revois, plus jeune, avec un oeil bienveillant sur cet enfant que j'ai été. Je suis un geek qui a vieilli. Ou j'ai été un geek et j'ai guéri. Et tant mieux !
Quand mon frère me parle de carte graphique, je comprends carte routière. Quand Seb me parle de Halo 3, je réponds Dr Mario. Quand on me parle de Wii, je pense à une partie de tennis. En vrai. Je ne comprends plus les jeux-vidéo. Depuis qu'ils ne s'adressent plus à moi (à qui la faute ?), je ne m'adresse plus à eux. Les jeux-vidéo et moi nous avons divorcé. Tant qu'à faire ...
Mes consoles prennent la poussière et l'humidité dans l'armoire de ma salle de bain, elles ne sont pas à portée d'yeux, et ce vilain mélange aura raison d'elles avant que je ne m'en aperçoive. Elles sont cachées. Et elles meurent.
Les consoles se cachent pour mourir.

Et moi, je regarde leur mort lente, n'osant pas couper définitivement le cordon, étouffant ma culpabilité par une mauvaise excuse "un jour je les ressortirai", mais conscient que je ne les ressortirai plus. Elles doivent se dire "l'armoire d'Olivier, c'est comme une colonie de vacances. Sauf qu'il n'y aura plus jamais de rentrée des classes". Tous ces bouts de nous qu'on pose en pause, qu'on garde pour plus tard, et qu'on ne ressortira jamais ...

A céder : quelques consoles et quelques jeux, presque tous originaux, neufs pour la plupart, certaines raretés.
Livré avec quelques bouts de moi.


NB : le titre de ce poste m'a été inspiré par le dessin "Les doudous se cachent pour mourir", sur le site http://tapayann.blogspot.com.

Description

Jusqu'à présent, le sous-titre de ce blog était "chroniques tapageuses d'un noctambule affable". Comme "la vie c'est mieux quand on est amoureux", comme "schyzophrénie ordinaire et perte de repères notoire", les temps changent, et les sous-titres aussi.
Edit : parfois, ils disparaissent.

Les photos

Je crois que mon grand-père a toujours aimé faire de la photo. Chez eux, un repas dominical n'était pas un repas dominical sans la séance de projection des diapositives qui, invariablement, m'endormaient. Je donnerais beaucoup aujourd'hui pour me détendre dans la douce chaleur d'un dimanche en hiver, devant Tahiti, la Martinique, ou des réunions de famille où on était pas. Aux réunions de famille, justement, je n'ai pas mémoire que mon grand-père ait été une seule fois sans appareil photo. Le premier dont je me souviens est un compact autofocus. Oh, bien sûr, aujourd'hui, ça ferait rire, mais à l'époque, ça faisait surtout rêver ! Pas de mise au point, enroulement automatique de la pellicule ... Le luxe !
Celui de mon père était autrement plus compliqué. Un reflex entièrement manuel, jusqu'à la mesure de l'éclairage ! Il aurait fallu une meilleure pédagogie, une plus grande bienveillance, une attention plus poussée pour que je comprenne, 22 ans plus tôt comment fonctionnait ce diable noir, soviétique en plus ! En plus, mauvaise habitude mi-prolétaire (encore) mi-capitaliste (déjà), le prix de la photo était compté ! Qu'on se souvienne qu'à l'époque, la photo était imprimée sur une pellicule non réinscriptible, que la pellicule elle-même coûtait de l'argent (en même temps, pour une pellicule ...), que le développement coûtait de l'argent, et que le tirage coûtait de l'argent. J'avais alors ordre de ne pas déclencher, du moins pas souvent. Oh, bien sûr, je pouvais faire tous les réglages que je voulais, mais déclencher, alors ça ... jamais ! Qu'on se souvienne aussi qu'à l'époque ... on ne voyait pas ce qu'on allait photographier. En théorie, avec le réflex, oui , bien sûr. Mais en pratique, c'était une autre paire de manche. On ne peut apprécier à sa juste valeur la visualisation de la photo qu'on vient de faire, gratification immédiate, quand on a pas connu l'attente, l'incertitude, la trépignation et la satisfaction rare, d'une photo réussie (les virgules, bordel, les virgules servent à faire respirer un texte !). Je me souviens de mon pote Karim, qui apparentait la photo argentique à la première fois qu'on embrasse une fille. On est pas certain que ça va marcher, on a fait tout ce qu'il faut, croit-on, mais on ne sait pas. On ne sait jamais. Ceux qui sont sûrs se trompent. Ou sont tristes. Et souvent, ça rate. Mais des fois ça marche. Et qu'est-ce que c'est beau ! Mais moi macash' ! Verbotten ! Pas d'argent, pas de pellicule, pas de photo, pas de 1er baiser. Et voilà comment je suis resté puceau de la photo jusqu'à beaucoup trop tard.

Edit : j'ai laissé ce post trop longtemps dans les brouillons. Je publie, mais incomplet.