Et effectivement, c'est ce qui s'est passé :
Rachel: Oh! Y’know what? You’re right! We meet, you flirted and then BAMN! nine years later you had me!Friends, Saison 5 Ep 19, The one where Ross can't flirt
Jusqu'à ce que je rencontre Julie. Et que, soyons clairs, je foire tout. A partir de ce jour (j'avais 16 ans environ), je me suis juré que plus jamais je ne serai timide. C'est pas du tout un comportement facile à enrayer. Je dirais simplement que je suis timide, mais je me soigne. Et finalement, il n'y a que ceux qui me connaissent bien qui savent que je suis un grand timide.
Quant à Audrey, au bout d'un long et pénible effort de rédemption, j'ai fait l'amour une fois avec elle, l'une des plus belles et innocentes que j'ai fait.
Et très logiquement, le lendemain, elle s'est barrée.
(Mais est-ce que, comme les dernières, je m'énerve contre elle parce qu'elle n'est pas tombée amoureuse de moi ?)
Bref.
Et puis j'en ai eu marre.
J'ai vu qu'il existait autre chose. Quelque chose que je ne connaissais pas, que je ne soupçonnais pas. Et j'ai changé. Le plus gros indice était la tenue vestimentaire, mais ce n'était rien en comparaison de ce qui se passait à l'intérieur. Quand on a été toute sa vie d'une certaine manière, quand on se décide à changer, on va toujours à l'opposé, dans le radical, l'extrême.
J'ai été une pute.
Hautain, fier, orgueilleux, prétentieux ... Et le pire, c'est que ça a marché. Je ne sais pas de qui j'étais le plus dégoûté. De celles qui croyaient en ce mec, finalement un gros connard. De celles qui n'avaient pas cru en moi avant. De moi avant. Ou de ce que j'étais devenu.
Et un jour, j'en ai eu marre. J'en avais marre d'être celui que j'étais pas vraiment. Oh, j'ai jamais voulu redevenir le gentil garçon. Pas parce qu'il chopait moins. En toute humilité, je crois pas choper moins ou plus. Le corollaire, c'est que soit la méthode de séduction importe peu, soit d'autres éléments rentrent en ligne de compte. Simplement parce que je préfère me planter en m'étant assumé qu'en ayant été frustré.
Aujourd'hui, je suis plus en paix avec moi. Ca ne veut pas dire que je suis bien avec moi. Ca veut simplement dire que je suis plus (donc, encore en progression, mais toujours pas assez) en paix (donc, pas en conflit, mais pas dans le confort pour autant). Disons que je vois venir plus de choses avant qu'elles ne se produisent. Les "non", mais ça se raréfie, et surtout les "peut-être".
Ainsi, lors d'une discussion avec une fille (no zob in job, pas d'adultère ... connerie tout ça !) elle me balance une vanne. Pas la vanne gentille, complice, de celle qui resserre les liens en créant un nouveau sujet de discussion. Non, quelque chose de gratuit, maladroit, et auquel on ne peut pas répondre grand chose.
Et c'est exactement ce que je fais !
Je réponds pas !
Ruminant ma colère de ces petites niaises qui ne se rendent pas compte de la chance qu'elles ont (j'ai dit que je n'étais que plus, tu comprends pourquoi ?).
Bref.
Et je me calme.
Et je réflechis.
Et je compare.
Ces filles, en fait, elles sont simplement exactement dans la situation dans laquelle j'étais il y a un peu plus d'un an. Dans l'excès. Elles croient que ce qu'elles font, ça permettra de rétablir un je-ne-sais-quoi de supériorité, de jeu-à-l'avantage-de. Parce qu'elles pensent qu'il-suffit-de, elles le font. Et elles le font mal.
C'est pas méchant, c'est juste ignorant.
Alors je leur pardonne.
Comme je me suis pardonné.
Mais je ne leur parle plus !
PS : durant la rédaction de cet article, j'ai reçu un mail de relance complètement HS, ayant sans doute réalisé que, oui, bon bêinh non, le dernier mail était peut-être pas très drôle. Mais je lui répondrai pas : j'ai un article à écrire !