15 juillet 2010

Je t'ai tant aimée (Chapitre XV)

L’aveu de Karine m’avait amené à me présenter un peu plus si bien que nos discussions étaient un peu moins provocantes mais un peu plus intimes. Je me gardais toujours bien de devenir un ami … en y repensant, j’étais largement au-dessus de mes pompes. Et nous avons essayé de nous voir. Je n’étais pas encore divorcé, mais l’issue de mon couple ne me laissait que peu de doutes. Nos discussions tournaient donc autour de ce thème, pour le meilleur et pour le pire. Parce que, devant l’impossibilité de cette rencontre, un homme marié, restant quoi qu’on en dise, désespérément marié, et surtout devant son hésitation à nous rencontrer finalement, nous n’avancions pas. La relation virtuelle est très confortable, parce qu’elle propose les avantages d’une relation, sans les inconvénients de l’autre protagoniste. Dès lors, pourquoi se rencontrer ? Pourquoi briser cette harmonie, flatteuse réciproque d’égo, pour des envies uniquement physiques ? Tous les matins, un mail chaleureux et prévenant vous attend, plus attentionné et mieux tourné que l’alcoolique ou la frustrée qui vous attend à la maison, quelque fois, un appel avec une voix douce et chaude, vous susurre des compliments toujours inédits, de provocations tout le temps évocatrices, laisse parfois échapper quelques soupirs surpris d’une caresse à distance, télé-onanisme généré par vous, uniquement … Pourquoi briser tout ça, finalement, c’est tellement confortable. Et surtout, ça ne fait jamais basculer du côté négatif, du côté mauvais, socialement, du côté de l’adultère. Je ne sais pas si sucer c’est tromper, mais je sais qu’envoyer un mail ne l’est pas !
Croit-on.
J’avais, jusque là, été relativement détaché. Mais plus la possibilité de se rencontrer s’éloignait, plus je m’engageais dans cette relation sans issue. Au fur et à mesure, il devenait évident que les choses se déséquilibraient, ce qui n’étaient pas pour me satisfaire. Karine possédait quelque chose que je voulais désespérément : nous.