« Je ne veux pas de toi si tu es marié. »
J’avais trouvé cette affirmation un peu égoïste, et j’étais déçu que mon amour puisse ressentir et verbaliser quelque chose qui était loin d’être altruiste. Mais il était hors de question que je divorce, tout du moins pour l’instant, et surtout, il était hors de question que je me sépare de mon épouse uniquement pour faire plaisir à ma princesse. Je m’étais élevé du statut de bon toutou adolescent vers celui de lionceau un peu à l’écart du troupeau, ce n’était pas pour y revenir bêlant comme un mouton docile.
Ce fut la première fois que nous fûmes dans une impasse. Et contre toute attente, elle sans doute encore émue de son « cadeau », et moi encore conscient de la bivalence de ma situation géographique, intelligence, finalement, du « couple », ce ne fut pas violent. Juste un constat, serein, partagé, de cette impossibilité à mettre sur le nous … quand la raison rattrape la passion.
Salope !
« Ou alors … »
Ces mots lâchés en suspens était le seul lien qui nous raccrochait encore elle et moi à un possible nous, je buvais les paroles de celle que j’aimais comme une fontaine d’eau fraîche, jamais désaltéré, tout en me gardant d’avoir soif, je fais celui-là qui est son souverain.
« Viens. On couche ensemble, j’en ai trop envie. Seulement une nuit. Après, tu disparaîtras et je mettrai des barrières tellement hautes que tu n’arriveras plus jamais à les franchir. »