Juste, j'ai envie d'être en longues vacances, et ni mon corps (pour l'arrêt-maladie) ni mon patron (les longues) ne veulent me les donner. Obligé d'attendre gentiment le 6 septembre. Comme un employé modèle qui attend sagement de mettre du vin dans son eau. Comme l'employé-modèle en costard-cravate que je croise tous les matins. A qui, j'ai quand même envie d'y exploser sa gueule de bon contribuable-centriste ! Si seulement il voulait bien sortir de mon miroir, cet enculé !!!!
Enfin, un peu perdu donc, et c'est Claire qui met ma vie sous un autre éclairage. Je lui ai envoyé la jaquette de la démo qu'on avait faite (c'est-à-dire avec un groupe, un membre qui n'y est plus et un autre qui n'y est pas encore, sur lequel il faut qu'on réenregistre la basse, une guitare supplémentaire et surtout la voix) qui prend fin, et voilà peu ou prou ce qu'elle me répond :
Alors ! après :
- inspiration
- avoir écrit tes textes
- plusieurs mois de répétitions (et de pizza)
- choix des 2 titres
- l'enregistrement
- et maintenant la Jaquette
Finalement il ne reste plus qu'à fabriquer le produit fini et Hop !
Et là, je suis un peu comme un con. Parce que donc, depuis le 21/6/2009, le jour où j'ai dit qu'il fallait que je fasse de la musique, on a fait ... tout ça !?!
Putain, tout ça !!!
L'inspiration ... je pensais que j'y arriverais jamais. La dernière fois, chez Hacène, il nous branchait avec des mauvais conseils (il est quand même largement meilleur pour gérer des projets que pour ses goûts musicaux), je lui ai dit ça : "tant que la musique que je fais c'est la musique que je préfère, c'est que je suis sur la bonne voie". Oh je sais ! Tu crois que je l'ai pas vu le regard en biais de sa femme ? Evidemment qu'elle m'a pris pour un prétentieux minable qui fantasme un rêve pour essayer de lever 2 mineures de 20 ans ? Bien sûr que je l'ai vu ! Bien sûr que je l'ai vue ! Je ne lui en veux pas. Je constate simplement ce que je reflète, ce que je renvoie. Mais ça m'est égal. Je crois que c'est ça ma plus belle victoire (sur moi-même je veux dire) : je ne fais plus les choses pour plaire aux gens. Je les fais parce que ça me plaît. Après, derrière si ça plaît aux gens, bêinh je suis content. Et tant pis si ma musique a 10 ou 30 ans de retard. J'aurais fait ce que je voulais faire.
Mais l'inspiration ... Les moments sur le canapé, avec la guitare. La composition, soyons sérieux, ça a pas été trop dur. Vraiment pas. Oh bien sûr, il y a eu un ou deux accords qui restaient cachés, que j'arrivais pas à débusquer, perdus dans les gammes et les harmoniques. Par exemple, j'ai 2 chansons, complètement différentes (rythmes, accords, textes), qui sont toutes les deux en Ré, et l'une enchaîne Sim Fa# et l'autre Sim Fa#m !!! Maître Jacques me disait de toujours bien respecter ces gammes, que non, le Sim ne va pas avec le Fa#. Et là, je contourne la règle. Dieu a dit :
As soon as you find the pattern, break it. Otherwise it gets boring.
Alors, voilà, c'est ça ? J'ai dépassé le maître ? Je pense que mon maître Jacques a toujours connu l'adage de Dieu, en plus de cette règle. Mais que j'étais un puceau, et qu'il fallait mieux commencer par la base. Il me disait aussi :
Joue d'abord carré. Après, tu feras le fanfarron.
Les paroles, ça a été beaucoup plus dur. Je pense qu'en France, si on veut être un peu honnête, on est castré. Par Brel. Par Brassens. Par Goldman. Par la magie des mots. Voilà. Les anglais ne s'en embarrassent pas (ils ont pourtant eu de grands poêtes) - avec beaucoup de succès - et les français ne s'en encombrent plus - avec Grégoire, Christophe Maé et le rap. Ainsi, autant assis sur la banquette à trouver un Mi et un Mim dans la même chanson, à 4 accords d'intervalles sans changer la tonalité, c'était finalement pas trop méchant. Autant à sécher, écrire, rayer, gribouiller, se relire, compter (les pieds), caser (la mélodie), trouver, pas trouver ... et puis mes paroles ? Est-ce que je serais heureux, fier de les chanter ? Est-ce qu'elles ne seront pas écoeurantes de naïveté ? Est-ce que mes potes vont pas s'en moquer en les entendant ?
Oui, l'écriture a vraiment été, est toujours, une grande épreuve.
Mais l'inspiration en vérité ... pour l'instant j'ai du bol : j'ai que des trucs pas gais à raconter. On verra si ça a autant d'impact quand je penserai plus qu'aux oiseaux qui chantent et aux fleurent qui éclorent !
Les répétitions. Même si ça date d'avant, pour moi, c'est indissociable du local de la SEM. Christophe et Eric y bossaient. Et puis, ils sont tous partis. Je voudrais dire, pour affirmer mon statut de leader que je les ai tous virés, mais en vérité, il n'y a que Christophe que j'ai vraiment dégagé. Et tant mieux. C'est pas quelque chose que j'aime faire. Mais je le referai sans hésiter (surtout pour Christophe, rien de personnel) et sans aucun scrupule. Laurent, Jean ... quand on y regarde bien, je suis entré dans ce groupe, j'ai tout cassé et j'ai tout refait pour moi, autour de moi. Dès le début, c'était évident que c'était mon groupe ; même si j'ai mis beaucoup de temps à le comprendre et l'admettre. Au point qu'ajourd'hui, je ne suis plus du tout certain qu'il s'agisse d'un groupe ! Les répétitions, c'est évidemment les pizzas. Je ne sais pas pourquoi. Sans doute parce que c'est le plus pratique. Et puis quand même aussi que parce que celui qui n'a pas mangé une crème-fraiche, fromage, lardons, pommes-de-terre (oui, la pizza pomme-de-terre !!!) avec une bouteille de Coca à raconter la blague du pingouin-qui-respire-par-le-cul a raté une partie de sa vie !
Les répets, on croit que c'est glamour, que c'est fun, que c'est rock n'roll, et en vérité, non, pas trop. C'est toujours animant (au sens ou ça bouge l'âme), c'est sûr, sinon on les ferait pas (enfin ... sinon, les autres membres viendraient pas !), mais j'ai toujours plutôt vécu ça comme du travail (pas au sens travail chiant), au sens ... taille de la pierre. Voilà, c'est ça. Inlassablement, tu es là, tu écoutes, tu regardes, tu observes, tu scrutes, tu es attentif aux autres, à toi, au chant, au rythme, à la basse ... Il y a pas eu beaucoup de répets dont je sois pas sorti crevé. Et c'était pas que la journée de travail.
Les répets, c'est toujours un peu le même rituel où ça commence jamais à l'heure parce que jamais tout-le-monde est à l'heure. Ensuite, chacun reprend ses marques avec chacun. Les guitares s'accordent parce que c'est des branleurs qui le font pas à la maison et sortent un prétexte pourri. Les balances, c'est sournoisement à qui montera petit-à-petit le plus fort ... Tu m'étonnes que ça fait longtemps que j'ai plus répété ! Au bout d'un moment, ça me pesait plus qu'autre chose. Et puis finalement, ça part. Mais là, ça y est, ça me manque. J'ai envie. Je connais pas quelque chose de plus fort que ça. Cette énergie convergente vers un but artistique commun.
Au collège, on avait fait un échange avec l'Allemagne, et en y allant, en bus, j'étais au fond et on lisait (enfin ... on me lisait, à voix haute, parce que je suis malade en bus) des magazines de rock, où Metallica étaient quand même des Slayers pour moi. Enfin, dans ces magazines, y'avait une interview d'un mec, à qui on demandait son souhait pour l'année à venir (donc, 92 peut-être), et il avait répondu : "pouvoir garder mon guitariste plus de 3 mois". Ca a beaucoup fait rire (enfin, d'un rire de hardos, donc gras et forcé) Franck, Fred, Lionel, Yannick ... mais moi, pas du tout. Je comprenais pas ça. Je comprenais pas pourquoi ou comment on pouvait se réjouir de briser un rapport social. Et 18 ans plus tard, voilà comment je parle !
En vérité, je comprends pas non plus les groupes qui se forment sur le tard. Pour moi, un groupe, c'était des mecs qui se connaissaient depuis la maternelle. C'est pour ça que j'aurais pensé à faire un groupe avec Seb'. Bon, on aurait pas tenu plus de 2 semaines !!! Faut pas déconner, 2 caractères comme les nôtres ... Et là, je veux dire, avec le groupe au temps de la SEM, le truc le plus convivial qu'on ait fait, c'est des merguez au grill ! Alors pour composer avec un mec qui t'a raté la cuisson d'une merguez (le truc inratable et à ne surtout pas rater) ... Y'a bien mon Patrice, mais là encore, nos 2 pudeurs ajoutées, c'est un truc impossible à franchir !
Voilà. Le choix des titres, l'enregistrement ... j'en ai déjà parlé.
La jaquette, j'en reparlerai peut-être une autre fois.
Et je crois que j'ai bien fait le résumé - artisitique - de cette année écoulée.
Que sera la prochaine ?
