28 février 2010

C'est l'histoire de la vie

Discussion avec Romane
Papa, toi tu es mon papa.
- Oui ma chérie.
- Et ton papa, c'est papy.
- Oui ma chérie.
- Et le papa de ton papa, c'est qui ?
Souvenirs émus et confus qui m'assaillent de Papy, mon papy. Le papy bonhomme, bon vivant et bienveillant. Il ne se doutait pas que je parlerais de lui ici. Le rire, la bonne bouffe, l'alcool ... Mon Papy. Que nous avons incinéré voici quelques années, parti d'un cancer, de plusieurs cancers, d'un poumon en moins ... et puis la vie quoi. Enfin, la mort. Et moi, qu'est-ce que je peux dire à cette petite fille, ma petite fille, de cet arrière grand-père qu'elle n'a pas connu du tout, parti 2 ou 3 mois avant qu'elle n'arrive ; contrairement à Pépé, parti 2 ou 3 mois après elle (oui, on a vécu 6 mois drolatiques à cette époque !) ? La seule notion de mort qu'elle a, c'est Maléfique, la sorcière de la Belle au Bois Dormant qui lui a appris, et encore, au bout de cent ans au pire, alors que Romane ne fait pas la différence entre 2 jours et 6 mois (non, je déconne, elle la fait très bien), un smack et pouf, la voilà réveillé la faignasse. Et puis, comme ça, au détour d'une conversation du matin, il faut la mettre face à cette réalité, froide et sans détour ? Ou alors se servir du subterfuge du ciel, du repos éternel et tout ça ... Pour après, essayer de la déchristianniser ... Finalement, un des points de la parentalité auquel on est pas spécialement préparé, c'est la solitude. Alors, petite, ton Papy ...
Il est très vieux ?
- ... je crains qu'il ne soit mort.
- Ah. ... Marie ! Laisse mon jouet !!!

Lien : Le roi lion

27 février 2010

J'ai perdu mon temps à faire semblant de me divertir.
La fatigue m'assaille et demain soir, je le sais, je me jeterai dans les bras de la première inconnue rencontrée,
parce que les corps sont plus chauds que les lits froids.

Oh ! Mon amour,
sauve-moi de moi.

Les nuits de solitude

2h, retour de boîte.

Tout le monde va en boîte pour draguer.
Les garçons ET les filles.
Mais parce que je suis large, je veux bien réduire cette affirmation à 75%.
75% des gens vont en boîte pour draguer.
Et seuls 10% repartiront accompagnés plutôt que seuls.
Et seuls 10% de ces couples dureront plus que la semaine (c'est-à-dire, selon une statistique nationale empirique, le temps de conclure, le mot est bien choisi).
75% des gens vont en boîte pour draguer, et 1% obtiennent autre chose que du cul.

Et après ça, on me demande pourquoi j'aime pas les boîtes.

En vérité, je me fais chier comme un rat mort en boîte. Si ce n'avait été l'anniversaire d'un ami, ce soir ... pfiou ...
Il fallait vraiment que je sois ivre mort (et je l'étais) pour, l'année dernière, y aller aussi souvent, y revenir, et aimer ça !

25 février 2010

I kinda had a dream ...

... but I don’t want to talk about it.

Cette nuit donc, j'ai rêvé que nous faisions un concert ... et que j'avais une angine. Et pourtant, c'était un truc assez grand, dans un espace vert pouvant contenir 300 personnes environ. On nous avait mis une estrade, Seb (le guitariste) était avec nous, et pas longtemps avant le concert, j'avais 2 problèmes majeurs :
  • notre setlist n'était vraiment, mais alors vraiment pas prête. En gros on avait 3 morceaux.
  • ma voix était moyenne. Très. A cause de l'angine ...
Et durant tout le temps du rêve, je motivais le groupe pour y aller, mais en vrai, je voulais absolument pas y aller parce que je savais qu'on allait être mauvais.
Je me suis réveillé quand on montait sur scène ...

Liens : The one with the cop, Friends S5, Ep 16

20 février 2010

Plus les conquêtes deviennent faciles, plus je m'interroge sur la séduction.
Pas sur le comment, sur le pourquoi.
C'est con !
J'aurais dû commencer par ça !

18 février 2010

Bon anniversaire

Hier soir, je me suis aperçu que j'avais oublié un anniversaire.
Tu vois, tu avais raison, je suis guéri. Tant pis.
Ce matin, je n'ai pas oublié un autre anniversaire.
Tu vois, j'avais raison, je ne suis pas guéri. Tant pis.

15 février 2010

L'enregistrement

... et on a enregistré.
Maintenant que j'en parle, 2 mois plus tard, ... c'est plus pareil, mais il faut que j'en parle, parce que certaines de mes errances partent de là ; en tout cas, commencent à ce moment. Je me dis qu'il n'y a pas de hasard.
J'avais reporté d'une semaine à cause d'une angine blanche. Et parce que je voulais, de toutes mes forces, enregistrer en décembre.
Et on est rentré en studio, un froid matin d'hiver, de fin d'automne. On a perdu la choriste (une cousine), le batteur n'a pas déjeuné, et on a commencé à s'installer. Il faut compter 2 bonnes heures pour s'installer correctement. Chacun définit sa place, se définit, ... on a beau dire, on a beau répété ensemble dans des locaux à peu près identiques (hormis la surface), et bêinh on est pas à l'aise. Des morceaux qu'on passe tranquille en répet', on a mis jusqu'à 5 prises pour les avoir ; avec, dans un coin de la tête, cette angoisse : pourvu que Patrice foire pas, il passe jamais bien ce passage, ou encore : pourvu que Eric foire pas, il passe jamais bien ce passage. Evidemment, c'est moi qui foire. Et c'est ça la vérité. Tu vois Liam Gallagher complètement défoncé en studio, je-m-en-foutiste au possible et là tu comprends que c'est absolument rien de tout ça : en studio, tu bosses ta race. Tu es en état de stress depuis la veille, et tu bosses de 10h à 19h quasi non-stop, avec le stress. Parce que, même si tu as accepté que les 720€, ils sont plus à toi, ils sont partis depuis bien longtemps, depuis le moment où tu as voulu te donner les moyens de tes ambitions, tu sais pourtant que le temps t'est compté et que, en gros, tu as la journée pour boucler 2 morceaux de 5 minutes.
D'écrire ça, ça me semble tellement pathétique ...
On a mis 7 heures pour enregistrer 10 minutes.
42 fois plus.
Voilà, c'est dit.
Le bon père de famille sait que pour faire une minute de vidéo à envoyer à Papi et Mamie, il lui faudra 10 minutes de rush, là, je pense qu'on a tout explosé.
Pourquoi c'est si long ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Déjà, il faut s'installer.
Tu prends le batteur par exemple. Chaque caisse, je l'ai déjà dit, à son micro. La grosse caisse, la vaisse claire, le petit tom, le tom moyen, le gros tom, le shirley, le flare ... j'arrête parce que de toutes façons, c'est évident que j'y connais rien en batterie. Mais pendant tout ce moment, une bonne demi-heure, il y a 2 mecs qui sont au petit soin pour mon Patrice, pour qu'il soit bien à l'aise, pour que les micros le gênent pas et que chaque micro ne fasse que son job. Je crois qu'il y en a 9 au total. J'ai pas vu ce qui se faisait pour la basse, parce qu'en même temps, un des ingé-sons était en train de s'occuper de moi. Et là, c'est pareil. Quelle guitare ? Quel ampli ? Quel effet ? Les fils ? Le micro ? Et même, pour le micro, on s'est qu'à moitié cassé la tête puisqu'il ne s'agissait que d'une voix témoin.
La voix témoin, c'est pour guider tout le monde. Sur le rythme, quand le batteur s'excite un peu, et surtout sur où on en est dans la chanson. Et aussi parce que je pense pas que je pouvais faire directement la voix : l'angine était trop récente et je voulais forcer que pour le nécessaire. Donc, je ferais une première voix témoin pour guider tout le monde, et puis on ferait les autres voix, donc les vrais voix, plus tard.
Et en gros, en 3 prises, et 2 sous-prises, on a bouclé "C'est comme ça". 1 heure, 1 heure 30. Il était 11h à peu près. Et temps d'enregistrer la voix, la vraie voix. C'est là que ça a commencé à partir en bibe.

Je pourrais invoquer pleins de raisons, certaines bonnes, d'autres de mauvaise foi, mais la vérité, c'est simplement que le résultat est décevant. J'en suis déçu. Je regrette la thune, et je regrette mon entêtement à passer avant décembre. On y reviendra.
Dans un studio, pour des prises de son séparé, on travaille au casque. Le son de la batterie ne doit pas entrer dans le micro chant, l'ampli basse ne doit pas entrer dans la caisse de résonnance de la guitare ... Tout ça pour faire le mixage. Si on doit baisser la guitare, et que sur cette piste, il y a de la batterie, baisser la guitare baisser la batterie. Si on veut mettre une autre guitare, la décaler spatialement (par exemple, plus l'entendre à gauche qu'à droite), et que sur celle-ci on entend de la basse, on va également décaler la basse. Or, ce n'est pas forcément ce qu'on souhaite faire. Chaque instrument a son micro, et chaque micro a son instrument. Il n'y a pas d'exception. Alors, pour tout ce qui est électrique (guitares électriques, basses, claviers), c'est assez facile, puisque ces instruments ne captent pas (ou de manière négligeable) les sons extérieurs. Mais pour les autres (voix, batterie, ... en fait, tout ce qui passe par des micros), ça doit se faire dans des pièces à part. Ainsi, Patrice et moi étions séparés. Mais belle bête. Virtuellement, d'une pièce à l'autre, on entend rien. Rien. Et crois-moi pourtant qu'une batterie à ... 5m, ça fait un bruit qui ferait fuir les voisins les plus conciliants du monde. Et en conséquence, pour s'entendre, on a tous un casque.
Alors, entendre les autres au casque, ça se fait, c'est juste un peu différent. Mais entendre sa voix ... en direct ... quand tu l'as jamais fait ... ça c'est dur. Le premier obstacle a donc été d'accepter ma voix en casque. Et dans mon état de stress, c'était absolument impossible. J'ai passé 1h30 à m'énerver. Eric a pathétiquement essayé de m'apaiser, mais je ne sais pas ce qui y serait arrivé à ce moment. C'est à ce moment qu'on a fait le break pour aller manger ce que tout bon musicien mange : des pizzas.
De retour, j'étais un peu plus détendu, moins stressé, un peu accoutumé à ma voix. J'avais encore une hantise, c'était qu'on entende mon accent. Même si j'ai travaillé pour le perdre, il me trahit parfois. Et c'était hors de question que ce soit le cas sur cet enregistrement. Alors j'ai chanté en me surveillant constament, en m'écoutant et en me coupant. Ca s'entend clairement sur certaines fins de phrase. En résumé : je m'horripile. Peut-être que j'aurais dû accepter mon accent et être plus naturel. Plus détendu ... non, j'y serais pas arrivé.
C'est là qu'on a commencé à faire de vraies prises de son. Corrolaire : j'ai passé plus de 2h à chanter dans le vent. Et même si au départ, c'était que de la voix témoin, c'est de la voix quand même. A une semaine d'une angine blanche. C'est le 3ème obstacle que j'ai rencontré : l'endurance. Alors, je sais pas si ça peut se travailler (non, c'est pas une question de souffle), mais je sais que là, je commençais à fatiguer. On a arrêté, explicitement pour que la choriste puisse faire son travail, implicitement parce qu'on (l'ingé-son, Julien, et moi) savait très bien qu'on aurait pas mieux aujourd'hui. Eric et Patrice, de leur côté, étaient vautrés dans le canapé en banière du blog. Ils attendaient le 2nd morceau. Le matin, je m'énervais, l'après-midi, je désespérais. Je regarde complètement différement les gens qui vont en studio à présent.
Pauline a fait les choeurs, et c'était beau. Elle avait la puissance qui me manquait ce jour-là. Et entendre nos voix en harmonie, c'était beau. Cet été, elle m'avait convié à un récital d'opéra où elle chantait. Profane, avec des a priori, j'avais tout de même accepté, misant sur le cadre d'un chateau médiéval, la nuit étoilée, et le direct des voix. Déception. Elle chante très bien, sans doute la meilleure du récital, techniquement, mais ces airs n'en sont pas. L'opéra m'emmerde. Pas d'accords, pas de rythme, les paroles ne sauvent même pas ... L'opéra m'emmerde.
Et puis, on a commencé à rajouter les guitares.
2 jours avant l'enregistrement d'une chanson de Be here now, Liam Gallagher se casse, prétextant qu'il a "quelque chose à faire chez lui". En l'occurrence, il se marie en douce. Mais Noel explose de colère et gueule dans la presse qu'il voulait justement ajouter plein de morceaux symphoniques ce jours-là, et que l'attitude de Liam remettait tout en question. Et Liam de répondre :
Morceaux symphoniques, mon cul ! Des guitares empilées et des solos pourris, voilà ce qu'il voulait rajouter.
Revenons à nos moutons. Mon maître Jacques me disait qu'une guitare électrique, il fallait lui mettre des effets, sinon, ça sonnait un peu nasillard.
Il y a guère que Police qui soit arrivé à faire son son, sans trop d'effet.

Dont acte. Je mets donc la base, Julien la sienne, et ça fait un son pas trop mauvais. C'est lui qu'on entend tout le long de la chanson.
J'ai commencé à faire le solo avec mon ampli à lampe (un petit Ibanez Valbee). Mais le son qui va bien dans mon appart' ne va plus du tout quand il repasse par un micro. Alors, on a enregistré en mode robot : j'étais dans la régie, et le son qu'on entendait était la guitare qui passait par un ordi qui simulait les effets. Et le résultat n'était pas trop mauvais. Même si, le son qu'on entendait n'était pas du tout celui qu'on entend au résultat final. Notre son était bien plus proche d'un son rock années 90. Sur le final, c'est plus années 80 (plus de chorus). C'est là que Seb et Magali (les photographes) sont arrivés. Ca m'a fait plaisir de voir mon meilleur ami ; et un peu de peine de pas avoir plus de temps à lui consacrer. Ils ont tout mitraillé.
Ils ont eu une photo de folie, de moi. C'est elle qu'on devrait voir sur la pochette, entre autres. C'est pas un joueur de solo en extase ; je suis un piètre compositeur de solos et très mauvais soliste. En fait, je crois qu'ils ont shooté quand je faisais l'accompagnement du solo, la guitare qui sonne sec (distortion, micro manche, pas de chorus) derrière. Un arpège dédoublé sur les accords des 3ème et 4ème couplets. C'est une photo pleine d'intimité. Pas avec mon instrument et toutes ces conneries sur le musicien et sa guitare. Juste un moment où j'essaie de faire en sorte que mon morceau sonne bien ; que les efforts auxquels j'ai consenti n'aient pas été vains et, paradoxalement, une photo de totale fragilité, vulnérabilité. A nouveau, à ce moment, je suis moi, nu. Et je suis tellement fier de ça, content aussi, que Mag' ait réussi à le capturer, que je veux que ça paraisse sur la pochette. Ah, bien sûr, c'est pas le bad-boy, le coeur de rocker ou ce qu'on veut. C'est juste moi. C'est suffisant, je crois, pour le montrer.
Je voulais rajouter une seconde guitare. Une vraie. Avec une caisse de résonnance. La guitare sur laquelle j'ai appris, progressé. La même guitare que mon maître Jacques. Une guitare (éclectro-)acoustique a ceci de beau qu'on a pas besoin de lui mettre des effets pour que son son soit beau. Elle sonne, tout simplement. C'est la 2nde guitare qu'on entend, au début du 2ème couplet. Julien l'a décalée en bas (je ne sais pas si ça s'entend bien) à gauche (ça, ça s'entend très bien). Qui plus est, puisque faite sans chant, son rythme est plus libéré, et j'ai pu syncopé tous mes ponts. Et pendant que j'enregistrais cette partie, j'étais bien. Seb a pris quelques photos, bien, mais moins que les autres. Et puis, il faut de la place pour Eric et Patrice. Et puis, je vais pas rajouter une feuille pour une photo.
On a fini à 16h.
On a mis 4h pour enregistrer 1 chanson, il nous reste 3h, et Eric et Patrice partent dans 1h.
"I'm a jerk" s'est enregistré relativement vite, et finalement, pas trop mal. On a fait les instruments en 2-3 prises, encore en voix témoin. Et ma voix commençait à vraiment fatiguer. Je voulais qu'on finisse les instruments, pour pouvoir libérer Eric et Patrice, parce qu'ils en avaient marre, et parce que je voulais me retrouver avec moi, travailler seul (enfin ... avec Julien !). Je voulais ré-enregistrer toute la basse aussi, et je ne voulais pas le dire à Eric, même si je lui avais fait comprendre. Quand ils sont partis, j'ai repris la basse, et j'ai travaillé. Et j'ai vite vu que ce que je voulais faire ... c'était impossible. En tout cas, dans le délai imparti. Et de toutes façons, je suis pas certain que ça aurait été beau. Alors j'ai pas ré-enregistré. J'ai refait les couplets (le riff de basse, c'est moi), j'ai simplifié les tacets, et le refrain, c'est lui. C'est là, je pense, que j'ai, un peu, pensé pour le groupe, et pas pour moi, ou pour les morceaux.
Au moment des prises de voix ... ça a été très dur. J'ai fait, je crois, 2 prises pour les voix principales. J'ai ensuite fait les voix des refrains à la tierce (plus facile qu'à la quinte), et nous avons travaillé le pont. Il était évident que je n'aurai plus de jus, et que même le lendemain, fallait pas y compter. D'ailleurs, j'ai fait le pont en 2 fois. Ca s'entend bien sur "a heart can't love when it is cursed".
J'ai essayé de faire quelques contrevoix, sans trop de succès. On en entend quelques unes sur "the man I am being"

Nous avons fini à 19h - 19h30. J'étais très fatigué. Patrice m'avait proposé un restau, et je ne sais plus très bien si j'ai accepté. Le lendemain, il a neigé, mais j'ai pu me rendre au studio vers 16h, comme convenu. Le travail de l'ingé-son est un travail ingrat et solitaire. J'accepte et j'apprécie qu'il le fasse seul.

En commençant par la fin, la version finale de "I'm a jerk" n'est pas du tout celle que nous jouons d'habitude. Eric ne maîtrise pas assez la basse pour guider avec un riff, et pour le dire vraiment, nous n'avions pas eu du tout cette idée. Pour nous, tout est saturé, et c'est la guitare qui rythme le tout. Mais, puisque nous travaillions en mode robot, Julien a pu masquer la guitare pendant les couplets, y appliquer ponctuellement du chorus, et doubler, voire tripler pendant les refrains. Et j'aime beaucoup ce dynamisme. Même si Eric trouve que ça ralentit la chanson.
Quand Julien m'a fait écouter "C'est comme ça", c'est la voix qui m'intéressait le plus. Parce que la veille, quand nous l'avions écouté, c'était moche, plat, sans effet. Parce que c'était exactement ce que c'était : équaliseur plat et pas d'effet. Mais Julien a bien travaillé et la voix finale est bien mieux que celle qui m'avait inquiété la veille. Et ma voix normale est bien mieux que la voix finale. Depuis, à chaque répétition, je m'efforce de bien chanter non plus parce que c'est la normale, mais pour me prouver que j'étais mauvais à l'enregistrement. Et je suis très content de ce morceau.

Alors, conclusion ?
Il n'y en a pas. L'enregistrement n'est pas, une conclusion. Mais au final, ça a soulevé plus que questions qu'amener de réponses. Avant de commencer, voici 9 mois, je me disais que j'avais 2 forces (la guitare et le chant) et une faiblesse (la composition). Après cet enregistrement, la guitare ne m'a pas trahie, et la composition est une bonne surprise. Le chant, en revanche, en est une très mauvaise. Premières questions : pourquoi, comment, mes compositions ne sont pas mauvaises ? Est-ce que ma voix est si bonne que ça ?
Je suis également déçu parce que je pensais que l'enregistrement serait une conclusion, justement ("on enregistre et après c'est terminé. Quitte ou double. On devient des stars ou on reste des informaticiens"), alors que je m'aperçois que c'était simplement une étape. Mon attente a accouché de ma déception.
Est-ce que je suis content d'avoir enregistré ? Clairement, j'ai passé plus d'un mois à ce que non. Je m'en voulais d'y avoir laissé presque 1 SMIC, d'avoir posé 2 jours, d'avoir forcé le destin alors que tout (en tout cas, beaucoup de choses) me disait d'attendre.
Mais à trop attendre, on ne fait jamais rien. Il fallait agir. Il fallait que je me montre que j'en avais vraiment envie. Il fallait que je mesure cela.
Depuis peu, je vois aussi un point positif à cette expérience.
Je l'ai fait.
Je peux parler pendant de nombreux paragraphes de ce qui était bien, de ce qui était mauvais, de ce que j'ai réussi, de ce que j'ai raté, de ce que j'en retire de positif, de négatif ... mais je l'ai fait. Non seulement je suis allé au bout de ma démarche, au bout de cette démarche, mais en plus, j'en aurais l'expérience. C'est-à-dire que non-seulement, la prochaien fois, je serai meilleur ; mais en plus, je l'ai vécu, je peux en parler.
Certains parlent de leur saut en parachute, d'une descente à ski, de nage avec les dauphins ... moi je parlerais de l'enregistrement de 2 de mes morceaux.

Lien : http://ptdq.chez.com/valpocl/

Mon appart'

Je suis arrivé dans mon appart' avec une 206 de mobilier.
C'est peu, une 206 de mobilier.
3 cartons d'habits, 2 de livres, 5 chemises, 2 costumes et un manteau.
Et 1 alliance aussi.
Et la photo d'une petite fille de 2 ans.
Et d'un bébé.

Je n'ai rien mis dans mon appart'.
Dans mon appart', il n'y a rien.
Il y a un lit 1 place,
1 table et 2 chaises,
1 canapé, puis une chaîne
et depuis peu, comble du luxe, un meuble télé, une télé (mais sans fil d'antenne) et 1 lecteur DVD.
C'est peu, pour 45m2.

Je n'ai rien mis sur mes murs.
Sue mes murs il n'y a rien.
Il y a une photo que j'ai prise de Seb, sur la plage de l'espiguette,
les roses séchées de l'enterrement de mon grand-père.
C'est peu, pour 50m2 (de murs, uniquement dans le salon).

Je me suis dit que c'était fini, que je ne voulais plus jamais subir ce que j'avais vécu. Que dorénavant, je pourrai être capable de partir sur un claquement de doigts, avec pas plus qu'une 206 de mobilier.
Et pendant 2 ans je n'ai pas été chez moi.
Je suis l'ombre de mes voisins.
Celui qui rentre après ceux qui rentrent trop tard.
Celui qui rentre après ceux qui partent trop tôt.
Celui qui part avant ceux qui partent trop tôt.
Celui qui part après ceux qui partent trop tard.
Des fois, un peu des 2.
Des fois un peu des 4.

Inutile de dire que mon postier ne me connait pas.
J'ai sympathisé avec la mamie du dessus, qui me garde mes colis. "Eternal sunshine", "Peter Pan", mon lecteur de DVD, ... merci à elle. Il faudra que je lui achète des fleurs.

Pendant 2 ans, je n'ai pas été chez moi.
Je ne mange pas chez moi.
Mon chez-moi ne me sert qu'à dormir. C'est une chambre d'hôtel.
Il n'y a jamais personne chez moi.
C'est peu, pour 45m2.

Je me dis que ça ne va plus.
Je me dis que je ne peux pas être toujours en transit, ailleurs.
Je me dis que j'ai besoin de me poser, de me re-poser, de me reposer.
Je me dis que 2 ans sans chez-soi, c'est grave, mais c'est moins grave que de ne pas avoir de perspective.

Depuis peu, il y a un coin de mon appartement que j'apprécie. Maslow est un con, et c'est donc par le coin TV que j'ai commencé. Tout ce que j'ai toujours conspué. Mais c'était le plus facile.
Ce n'est pas grave de commencer par le plus facile. C'est seulement grave si on s'y arrête.
Je veux continuer ; je dois continuer.
La prochaine étape sera donc la chambre.
Même si je ne sais pas encore comment l'aménager.
On verra bien.

Il faut engager.
Je ne peux pas continuer comme ça ; je ne dois pas continuer comme ça.

Je me dis que je ne peux pas acheter de mobilier avant d'avoir refait ma garde-robe.
Je me dis que je ne peux pas refaire ma garde-robe avant d'avoir le cash.
Je me dis que je ne peux pas avoir le cash avant d'avoir d'autres boulots.
Pour un peu, je m'interdirai certains boulots pour ma garde-robe ; certaines conquêtes pour mon mobilier ...
A trop d'attendre (to expect), j'attends (to wait) trop.



Edit : putain, 1 SMIC de lit !

Te souviendras-tu de moi ?

Te souviendras-tu de moi mon amour,
quand les années auront passé et que le temps aura tout effacé ?
Te souviendras-tu de moi et de ce que nous nous sommes aimés,
combien, une fois seulement, nous avons accepté d'être fous.
Je repasse parfois devant notre bar. Il y a parfois un couple qui me nargue.
S'ils savaient ...

Te souviendras-tu de moi mon amour,
quand nous aurons vieilli dans nos autres vies ?
Tu ne seras plus jamais à moi et je ne serai plus jamais tout-à-fait moi,
j'errerai d'ici là comme un corps ahuri.
Les feuilles tombent à présent sur le trottoir. Je vois à présent les oiseaux s'en aller.
S'ils savaient ...

Te souviendras-tu de moi mon amour,
quand tu ne pourras plus te souvenir, quand tu ne voudras plus te souvenir ?
Déjà, je ne peux plus décrire ton visage.
J'ai juste laissé ce message sur mon répondeur pour ne pas oublier ta voix.
J'entends toujours ton rire dans mon téléphone. Les gens se blindent toujours les oreilles avec des baladeurs.
S'ils savaient ...

Comment échapper à la souffrance ?
J'aimerais peut-être ne jamais nous avoir connus,
être resté chez moi ce soir là,
et faire comme tous ces gens sans vie,
sans saveur, qui savent, eux,
comment échapper à la souffrance.

Te souviendras-tu de moi mon amour,
quand les années auront passé et que le temps nous aura effacés ?
Te souviendras-tu de moi quand tous nos automnes seront tombés ?
Te souviendras-tu combien nous nous sommes aimés,
et combien les gens crèveraient de jalousie
s'ils savaient.


Liens


Edit du 30/9/2010 :
J'avais eu beaucoup de mal, je crois que je l'ai redit ailleurs, à réécrire ce texte, à partir de celui-là : http://suchasaintsuchawhore.blogspot.com/2008/01/la-mmoire.html (cherchez pas, l'accès est privé). Et finalement, cette forme, empruntée pour partie à Philippe Quinault, que nous devons être 5 dans le monde à connaître, est celle qui me convient le mieux ... qui me déplaît le moins, en tout cas. Toujours est-il que j'avais mis du temps à digérer ceci, sa forme. Son fond est encore bien présent, mais tout de même ...
Mais encore plus satisfaisant est que j'en ai fait une chanson, et que même, elle est pas trop mal !!!