Et puis là, cette claque du passé, parce que j'ai certaines réponses.

Alors non, on ne reconnaît pas forcément le passé. Et si je l'avais croisée dans la rue, je ne l'aurais pas reconnue. Même si elle m'avait parlé, je ne suis pas sûr que je l'aurais reconnue.
Oui, elle a changé, indubitablement. La photo ne me permet pas de dire si je la trouve encore belle, en tout cas, aussi belle que dans mes souvenirs, ou aussi belle que je l'avais trouvée.
Oserais-je lui rappeller notre première nuit dans une tente, à la musique de The Wall, et Comfortably numb ? Ma première quasi-nuit blanche avec une fille. Une des seules. C'est grâce à elle que j'ai découvert Pink Floyd. Je me souviens encore de tout ce qui a suivi : la douche, la froideur du lendemain (elle avait déjà quelqu'un et à 14 ans, ce genre de trucs, c'est assez grave), le départ, les larmes ... Oserais-je lui rappeler nos nombreuses rencontres ? La route qui mène à Mouriès que j'aurais faite d'innombrables fois. Notre première fois ratée à dessein, tellement pathétique. Et finalement, toutes ces fois où je n'étais pas disponible pour elle, et celles, non moins nombreuses, où elle n'était pas disponible pour moi. J'ai l'impression que toutes mes relations se résument à cela.
Et non, mon passé ne m'a pas attendu pour avoir un futur.
Et tant mieux pour lui.
Voilà.
J'ai retrouvé une de mes 2 raisons du passé.
Il n'en reste plus qu'une et je n'aurais plus rien à en attendre.
D'ici quelques temps, j'aurais fini de me retourner sur moi-même.
J'aurais fait un tour à 360°.
Une boucle commencée voici plus de 4 ans.
Alors, je suppose que j'avance. Statisfecit, il parait.
Et je continue la route.
Mais j'emporte ces images et ces émotions profondément gravées en moi.

