27 août 2010

Pour en finir avec le passé (1) - Gaël

"J'ai envie d'écrire, mais je ne sais pas quoi."
Il s'agit du dernier poème de Nougaro.
On le trouve sur La note bleue, son dernier album, paru chez Blue Note. Juste hommage finalement, pour un des plus grands admirateurs du Jazz. Est-ce que Boris Vian y aurait enregistré ? Si Marilyn Monroe faisait encore de la musique (et accessoirement était encore en vie), est-ce qu'elle ferait plus du Morning Sun ou du Lady GaGa ?

Et à la manière de Nougaro, je pourrais bosser, mais j'ai pas envie.
J'envie ceux qui trouvent - encore - de l'intérêt dans leur travail, mais ça me semble tellement inutile ... Je préfère me rappeler, et finir ce - très - grand tour sur mon passé. Un fois qu'il sera passé, je l'aurais dépassé.

Je commence cette nouvelle série pour en finir avec tout ça.
Parce que c'était beau, mais ça me retient trop.
Alors je le marque, je l'écris. Ca existera ici, mais ça ne sera plus là.
Comme Camus qui coule le bâteau (Cécile comprendra).


Elle s'appelait Gaël. Et à l'époque, j'étais un puceau (de la vie) qui ne voulait plus l'être. Elle m'avait montré sa carte d'entrée dans l'usine (elle avait été pistonnée, comme moi) officiellement pour me dire que "ces idiots avaient oublié de mettre 2 ailes-euh à [son] prénom" et officieusement pour se présenter à moi, la coquine. C'est la première fois que je décryptais une tactique de séduction de femme. Elle était menue, plus petite que moi, et pendant 2 mois nous nous sommes vus tous les jours, tous les midis et parfois certains soirs. Après le repas, on mettait plus d'une heure trente pour parcourir les 10 minutes qui nous séparaient de nos bureaux. Des fois on lisait à la bibliothèque. Là, elle m'avait fait découvrir Carmen McCallum, une héroïne très masculinisée dans un univers de science-fiction. Je me suis souvent dit que si j'écrivais un roman, dedans, il y aurait une fille qui s'appelerait Carmen et en fait ça serait elle (ouhouhouh ! Je suis un auteur trop astucieux !!!)

Une après-midi, vers la fin de nos jobs saisonniers, un chef, Henri Matthieu, nous prit entre 6 yeux. Ce mec là, du haut de sa retraite-moins-2 ans, il avait eu assez/plus d'intelligence sociale que les autres et il avait compris notre petit manège. Je crois aussi que ça lui plaisait bien d'avoir ces 2 gamins un peu moins cons que la nuée de fils d'ouvriers (c'est pas péjoratif) déjà racailles (là oui) avec 2 neurones en activité qui étaient sensés représenter la continuation de "son" usine.
Parce que le père Matthieu, il en avait vu là-dedans. De la naissance à l'opulence, de l'apogée au déclin ... et la fin. Déjà à l'époque, l'usine commençait à sous-traiter un nombre certains de ses activités. Alors finalement, c'était aussi un peu la sienne d'usine. Il l'avait vue naître, il l'avait vue grandir, il l'avait vue tomber malade de ... il savait pas trop quoi le père Matthieu, elle était malade, son usine. Parce qu'elle tournait bien, hein.
Je veux dire, on peut se moquer des ouvriers, des bleus de travail, des PMU ou des jambons-beurre ... Mais au final, tous ces mecs là, avec leurs posters de femmes à poil dans les vestiaires, et bêinh, ils faisaient pas forcément plus de conneries que les informaticiens propres sur eux en costume impeccable.
Même si certains racontent aujourd'hui ces aventures sur leur blog.

Enfin bref. Le père Matthieu, il nous avait pris Gaël et moi, pour une petite discussion. Autant dire qu'on était pas fiers !
On arrive donc dans son bureau, enfin ... un des bureaux qu'il s'était appropriés sur tout le site, parce qu'en vérité, le père Matthieu, il avait qu'un seul bureau planqué dans les Bureaux là où il y avait tous les chefs. Mais ça lui plaisait pas au père Matthieu. Lui, ce qu'il voulait, c'est être avec les gars. Il disait même pas ses gars. Même si, dans l'usine, y'en a pas beaucoup qui auraient remis en cause son autorité ou ses décisions ; les rares qui le faisaient, c'était parce qu'ils savaient bien qu'en prenant de l'autorité sur lui, ils prendraient de l'autorité tout court. Mais en général, les mecs se voyaient réaffectés de manière subite avant une potentielle promotion. Etonnant, non ?
Enfin bref (bis). On arrive dans un de ses bureaux, pleins d'hormones et de crainte, pas biens dans nos chaussures (de sécurité) et ils nous dit :
Ca va, vous ?
- euh ... oui (ouais, on savait pas trop quoi dire)
- Ca vous a plu ici ?
- euh ... oui (et en plus, on était prolixes !)
- On vous a fait visiter ?
- euh ... oui (quel talent !!!)
- Tout ?
- euh ... non (cette originalité dans le discours, cette audace, me laisse encore coi aujourd'hui).
- Alors venez ! Demain soir je pars en vacances et toi (il regarde Gaël, tu seras pas là à mon retour) et toi (il me regarde), le boulot reprendra dur après. Vous serez pas là cette après-midi.
- euh ... c'est que je suis tout seul au chargement cette ap ...
- T'occupe !

En partant, il a pris son casque (obligatoire sur le site) et avant de fermer la porte, un interphone où il a fait :
"Féli ? ... FELI !!! ... Le petit jeune, il est pas là cette après-midi, tu le remplaces s'il te plaît. ... Merci."
Et voilà comment j'ai eu mon après-midi.

Quand on arrive dans une usine, ou dans un boulot quel qu'il soit ... même dans une maison tiens !, on te fait visiter.
Classique, pas original et en fait, chiant à mourir.
Mais là, le père Matthieu, il le savait ça, que la visite qu'on avait faite, elle avait été chiante à mourir. Alors il nous a fait l'autre visite. Celle qu'on donne pas aux ouvriers. Celle qu'on donne à peine aux chefs de service. Celle qu'on donne à peine plus aux actionnaires (c'étaient eux, mais je ne le savais pas encore, les vrais microbes de la société). Celle que y'a que les mecs de la sécurité qui connaissent. Et si tu regardes sur l'organigramme, le père Matthieu, il avait aucun rapport avec la sécurité. Sauf, ils les avait tous connus au début, au tout début. Y'en a pas un qui avait pas serré la pogne du père Matthieu. Tous ils le connaissaient par son prénom, et tous, après toutes ses années, ils lui disaient encore "vous". Et le père Matthieu, il avait compris très vite et très tôt que la sécurité, c'était les mecs avec qui le rapport influence/implication était le plus important. Il y avait peut-être, sûrement même, un chef de la sécurité. Là-bas comme ailleurs, ce mec, c'est plus que le directeur du site. Et bêinh là, le chef de la sécurité, il en reportait officieusement à Matthieu, le petit sous-chef d'un petit service dans un coin de la boîte. Celui qu'avait pas pigé ça dans le sociogramme, il avait rien compris.

Devant un silo de 50m, il a juste pris son téléphone et il a dit : "Michel ? Matthieu à l'appareil. J'emmène les 2 petits jeunes pour une visite. Pas de contrôle s'il te plaît. ... Merci". Et c'est comme ça qu'on s'est retrouvé devant le trou d'homme d'une échelle qu'au final
Y'a peu de monde qu'a pu monter ici. Les architectes, quelques chefs de chantier et 2-3 gars de la sécurité. C'est tout. Les autres ... que d'alle !
Suivez-moi !

On est donc dans ce machin, cette échelle entourée de nacelles parce qu'il faut bien le dire, assez vite on est assez hauts. Et tout autour de toi, c'est le vide. La seule perspective, c'est là-haut qui semble ne jamais arriver. Et puis l'asphalte dégoûtant en bas, où les odeurs d'huile (j'y reviendrai) le disputent au goudron qui s'évapore dans le vacarme des chutes d'eau qui refroidissent le réacteur. Mais tu t'élèves. Tous les 3m, l'échelle change d'orientation pour éviter un retour à zéro trop prompt si tu dérapes. Matthieu, Gaël et moi. A l'ascension des nouveaux silos P1.
Et puis finalement, on y arrive.
On est pas tout en haut, il y a un 2ème escalier un peu plus à notre droite mais
Celui-là, j'ai pas le droit de vous y amener. Y'a personne qui peut. Mais ici, c'est déjà pas mal, non ?

On commence la visite du haut de ces silos. On marche sur du grillage. Epais, c'est sûr le grillage, mais il faut être aveugle pour pas voir qu'en dessous, c'est 50m de vide. Je crache à travers, pour constater. Ma salive met une éternité pour arriver en bas. Le vent la pousse, la dé-pousse, la repousse encore ... elle ne tombe jamais. Quand je crois qu'elle a touché terre, le vent la fait encore dévier, et dévier encore et dévier encore.
Je ne la verrai pas atterrir.
Encore moins l'entendre.
On est trop haut, on entend déjà plus rien. Ou plus que l'eau (j'y reviens). Et puis Matthieu et Gaël ont commencé la visite. Je laisse mon crachat à sa destiné et nous sommes entourés de tuyaux. Et pas des petits ! Des trucs de 50cm de diamètre, blindés comme un char d'assaut
Il faut bien ça pour manipuler la vapeur !

On passe devant une maisonnette dans laquelle de l'eau coule en quantité dans un vacarme insensé. Je fais semblant, mais il y a bien longtemps que je n'entends plus ce que nous dit Matthieu. Gaël, si. Ou elle fait semblant aussi. Et elle le fait super bien !
Depuis le début de la visite, je ne l'ai pas regardée. On nous a coupé de notre activité préférée (se regarder dans le blanc des yeux, se caresser plus ou moins discrètement à travers nos vêtements, parfois, voler un baiser en évitant les caméras de surveillance) mais là, on savoure simplement notre cadeau.
Qu'est-ce qu'on avait fait pour ça ?

Et en fait, je comprends que toute cette eau, elle redescend, elle retombe à 200 ou 300km/h pour refroidir le réacteur, en bas. Et c'est pour ça que ça fait un bordel monstre. C'est un circuit fermé qui pompe des tonnes d'eau froide toutes les secondes et qui les relâche de 50m de haut sur un truc qui chauffe à 400°C.
Cet enfer liquide, bruyant, rugissant me happe.
Par la fenêtre de maintenance, on peut glisser le corps d'un homme sans problème. Si je m'y glissais, je tomberais comme toute cette eau. Maltraité dans ma chute par un ensemble de tuyaux divers, je sortirais peut-être d'une cage grillagée pour finir sur le bitume dans un claquement sec et chaud. Ou canalisé, je finirai dans la piscine, après avoir buté contre la cuve principal du réacteur : 1m de profondeur d'eau jetée de 50 ; si tu survis à la chute, les tonnes d'eau au-dessus te broieront toutes efficacement. Je suis terrifié et hypnotisé.

J'en suis là de mes considérations romantiques et printannières quand je vois que Matthieu et Gaël sont devant un tuyau horizontal, plus épais que les autres, et long d'environ 2m, à hauteur d'yeux.
Ca, c'est l'échangeur. Toi (il parle de moi), tu dois pas connaître, mais elle (il regarde Gaël), si.

Hola mon petit monsieur ! On se calme ! J'ai beau être dans une fac d'info, j'ai fait Math' Sup', moi môssieu !!! J'ai fait partie de l'élite de la nation, moi, môssieu !!! ... Bon, je capte rien à ses explications (et j'ai fini 53ème sur 55 de ma promo) et je m'ennuie ferme. Alors, je tourne sur ce grillage, toujours trop haut du sol, je passe au-dessus du réacteur, je contourne les tuyaux, et là ... je vois.



Devant moi, à perte de vue, il y a la Méditerranée.

Partout.

Autour.

On a beau dire, et tu peux prendre toutes les photos que tu veux, mais en vérité, la seule vérité, c'est qu'il y a rien pour décrire ça. Ce moment, volé à la société que je ne connais pas encore, avec ta copine et avec un guide bienveillant. Au détour de l'enfer découvrir le paradis. Aussi simplement que t'y a jamais pensé. Les ados ont beaucoup de mal à l'apercevoir, les adultes ne le verront jamais plus. Il ne reste que les enfants.

Les autres silos (P4, là où je bosse), le petit réacteur, tout ça ... ça me semble tellement petit à seulement 20-30m du sol ! Mais là, la mer, si bleue, devant les énormes rochers qui servent de digues ... Par moments on distingue les vagues.
Au loin, à l'ouest vers Fos, il y a quelques super tankers qui attendent. On voit le pont de Martigues et l'anse de l'Estaque. Le ciel ne se confond pas avec la Mer, mais ici, le bleu est roi.
C'est beau, hein ?

Matthieu nous a rejoint, il se met à ma droite, Gaël est un peu en retrait à ma gauche. Et soit on s'en est écarté, ce dont je doute, soit nous nous sommes habitués aux chutes d'eau. Il continue :
Des fois je viens ici ... C'est tranquille. On oublie un peu tout. (Gaël me prend la main). Le mieux, c'est le matin, quand le soleil se lève. Des fois, quand ça va pas ... La vie des fois ça va pas. Alors tu te sauves, tu te planques. Tu viens de planquer ; ici. Tu dis aux autres que c'est pour ton boulot, mais c'est de la connerie ; c'est pas vrai (il a des trémolos qui renforcent son accent du sud et sa tessiture aigue).
Je venais là quand ça allait pas. Quand ça allait vraiment pas. Un jour, je suis venu ... c'était le soir en fait. C'était la nuit. Et il pleuvait. Beaucoup. Et il faisait froid. La vie, c'est ... La vie c'est pas ... (il renifle et s'essuie le visage, le nez je devine)
J'ai voulu me balancer.

50m plus bas, des camions chargent 25 tonnes de poly-éthylène dans le vacarme omni-présent de l'usine. Se doute-t-on du bruit que notre plastique quotidien consomme ?
La main de Gaël se resserre sur la mienne. Sans la regarder, je sais qu'elle regarde vers le bas et nous ne regardons pas Matthieu, qui nous présente maintenant son dos. Y'a des fois où la pudeur parle d'elle-même.
On entend plus rien.
Plus rien que le ronflement qui redevient assourdissant de l'eau qui tombe.
Un long moment passe. J'aimerais dire que ça a duré longtemps, mais en fait, c'est beau si ce silence a duré plus de 2 minutes. Il se retourne soudainement et
Allez, on va à la salle de contrôle.

Il passe devant nous et s'il avait encore des doutes, là, il y en a plus aucun. J'enlace Gaël qui essuie une larme, je l'embrasse et nous nous empressons quand la tête de Matthieu ressurgit avec malice du trou d'hommes :
Allez les jeunes !

On passe devant la piscine et devant le réacteur. C'est une espèce de grand hangar avec au-dessus de nous un dragon rouge de 6m de diamètre en acier, avec des plaques de fer qui se recouvrent les unes les autres et des écrous qui tiennent dans 2 mains. Il faut retenir sa respiration parce qu'entre l'huile bouillante et le soufre, on a tôt fait de s'asphyxier. Et là, le bruit du réacteur, même dans son sarcophage, est tout simplement impossible. Je ne m'entends pas crier à Matthieu.

Nous arrivons dans la salle de contrôle, où nous ne sommes manifestement pas les bienvenus. Ca ressemble à Cap Kennedy en à peine plus petit. Tout le monde a son casque de chantier et son manteau de pluie ; alors qu'on est devant des écrans 21" (ça faisait rêver à l'époque) dans le confort climatisé d'une salle réseau. Ubuesque ! Nous restons dans notre coin.
Matthieu discute vivement avec un mec, je me doute qu'il s'agit d'un des chefs ; mais il ne semble pas s'agir de nous. Puis, excédé, il le quitte et revient nous chercher :
Allez, on y va !

Nous repassons sous le réacteur, toujours dans le même vacarme infernal, toujours en apnée, pour repasser aux pieds de P1. Matthieu jette un regard en arrière et nous regarde, énervé :
Lui, là, il m'a niqué. Mais maintenant, c'est moi qui vais le niquer !

Nous redescendons à son bureau, enfin, un autre de ses bureaux. Devant la porte principale, il nous dit :
J'ai des affaires à faire, je peux pas rester avec vous cette après-midi. Vous avez votre après-midi, soyez braves, pas de bêtise. Ce soir, vous partirez à 16h. (en regardant Gaël) Au revoir petite.

La porte a claqué, et on s'est retrouvé seuls.
On a un peu marché, pas beaucoup parlé et on est descendu vers mon poste. Un peu avant d'arriver, je me suis souvenu que c'était Féli qui avait pris mon poste et que je n'avais absolument aucun intérêt à m'y montrer. Alors, j'ai pris Gaël par la main et on a fait ce qu'on ne devait absolument pas faire : on est monté en haut des silos P4.
C'était un peu comme pour le P1, sauf que c'était plus petit. Gaël passait devant moi, et je matais tranquillement ses fesses. Et ça ne me faisait rien. Pas une once d'excitation alors que je peux te dire qu'à l'époque, il m'en fallait pas beaucoup (et clairement beaucoup moins que ça) pour m'emballer !!! Peut-être le jean, peut-être l'émotion là-haut, peut-être des sentiments que je connaissais pas ou mal.
J'avais pas envie d'elle, j'avais juste envie d'être avec elle.

Je pourrais insister sur le fait qu'on avait pas le droit, ou dire qu'on s'est blessé là-haut, ou qu'on a fait l'amour et que mon sperme a coulé de son sexe à travers ce grillage, qu'elle m'a griffé le dos et que c'était bien ... pas vraiment vrai, pas vraiment exagéré, pas vraiment faux et en fait, on s'en fout. Et en fait, je me souviens plus très bien de ce qui s'est passé cette fin d'après-midi.
Le soir-même j'étais chez moi, et c'est tout ce qui importe.
Parce qu'une fois que t'es allé si haut, c'est super dur d'y remonter.

Un soir, peu après ça, nous nous sommes retrouvés sur une tour d'observation de Maître-Nageur de Carry, à la nuit tombée, en hiver. J'avais une énorme envie de pisser, et j'avais encore plus envie de Gaël. Mais parce qu'elle osait encore moins que moi, que j'étais en couple (ah ... les histoires de puceau), parce qu'elle était pucelle aussi ... on a rien fait. Je suis parti et on s'est plus jamais appelé après. Si, une fois. Pour lui dire que quitte à être dans le mensonge, je préférais continuer une histoire plutôt que d'en commencer une.
J'ai eu tort.
Je suis parti, sorti de Carry, j'ai arrêté la voiture pour me vider la vessie pendant plus d'une minute trente (j'avais compté) dans le froid et le vent, un peu la frustration et un peu la tristesse.

On s'est échangé quelques mails ensuite. Dont un pour me dire qu'elle avait essayé le sexe et que c'était terrible.
Après, c'est Lucie qui m'a dit qu'elle avait eu son CAPES, et qu'elle s'était mariée avec ce Guillaume, qui l'avait dépucelée. Ils ont eu un gamin je crois.

Mais souvent me reviennent en tête ces fesses petites dans le trou d'homme, la Méditerranée et la tour d'observation.
Et bleu ...
Tellement bleu ...


Je ne suis plus retourné à Carry pendant 10 ans. Je l'évite encore soigneusement aujourd'hui .
On devrait pas retourner dans son passé. Surtout pas aux endroits où on choisit sa vie. Il y a tellement à regretter là-bas ...

19 août 2010

What we did last summer (2)

Pas besoin d'avoir fait Math Sup' pour avoir pigé que je suis un peu paumé en ce moment. L'article précédent te le dira mieux que moi. Je sais pas dire, je sais pas expliquer mon état. Pas de la dépression, pas de l'euphorie. Je sais pas.
Juste, j'ai envie d'être en longues vacances, et ni mon corps (pour l'arrêt-maladie) ni mon patron (les longues) ne veulent me les donner. Obligé d'attendre gentiment le 6 septembre. Comme un employé modèle qui attend sagement de mettre du vin dans son eau. Comme l'employé-modèle en costard-cravate que je croise tous les matins. A qui, j'ai quand même envie d'y exploser sa gueule de bon contribuable-centriste ! Si seulement il voulait bien sortir de mon miroir, cet enculé !!!!
Enfin, un peu perdu donc, et c'est Claire qui met ma vie sous un autre éclairage. Je lui ai envoyé la jaquette de la démo qu'on avait faite (c'est-à-dire avec un groupe, un membre qui n'y est plus et un autre qui n'y est pas encore, sur lequel il faut qu'on réenregistre la basse, une guitare supplémentaire et surtout la voix) qui prend fin, et voilà peu ou prou ce qu'elle me répond :
Alors ! après :

- inspiration
- avoir écrit tes textes
- plusieurs mois de répétitions (et de pizza)
- choix des 2 titres
- l'enregistrement
- et maintenant la Jaquette

Finalement il ne reste plus qu'à fabriquer le produit fini et Hop !

Et là, je suis un peu comme un con. Parce que donc, depuis le 21/6/2009, le jour où j'ai dit qu'il fallait que je fasse de la musique, on a fait ... tout ça !?!
Putain, tout ça !!!

L'inspiration ... je pensais que j'y arriverais jamais. La dernière fois, chez Hacène, il nous branchait avec des mauvais conseils (il est quand même largement meilleur pour gérer des projets que pour ses goûts musicaux), je lui ai dit ça : "tant que la musique que je fais c'est la musique que je préfère, c'est que je suis sur la bonne voie". Oh je sais ! Tu crois que je l'ai pas vu le regard en biais de sa femme ? Evidemment qu'elle m'a pris pour un prétentieux minable qui fantasme un rêve pour essayer de lever 2 mineures de 20 ans ? Bien sûr que je l'ai vu ! Bien sûr que je l'ai vue ! Je ne lui en veux pas. Je constate simplement ce que je reflète, ce que je renvoie. Mais ça m'est égal. Je crois que c'est ça ma plus belle victoire (sur moi-même je veux dire) : je ne fais plus les choses pour plaire aux gens. Je les fais parce que ça me plaît. Après, derrière si ça plaît aux gens, bêinh je suis content. Et tant pis si ma musique a 10 ou 30 ans de retard. J'aurais fait ce que je voulais faire.
Mais l'inspiration ... Les moments sur le canapé, avec la guitare. La composition, soyons sérieux, ça a pas été trop dur. Vraiment pas. Oh bien sûr, il y a eu un ou deux accords qui restaient cachés, que j'arrivais pas à débusquer, perdus dans les gammes et les harmoniques. Par exemple, j'ai 2 chansons, complètement différentes (rythmes, accords, textes), qui sont toutes les deux en Ré, et l'une enchaîne Sim Fa# et l'autre Sim Fa#m !!! Maître Jacques me disait de toujours bien respecter ces gammes, que non, le Sim ne va pas avec le Fa#. Et là, je contourne la règle. Dieu a dit :
As soon as you find the pattern, break it. Otherwise it gets boring.

Alors, voilà, c'est ça ? J'ai dépassé le maître ? Je pense que mon maître Jacques a toujours connu l'adage de Dieu, en plus de cette règle. Mais que j'étais un puceau, et qu'il fallait mieux commencer par la base. Il me disait aussi :
Joue d'abord carré. Après, tu feras le fanfarron.

Les paroles, ça a été beaucoup plus dur. Je pense qu'en France, si on veut être un peu honnête, on est castré. Par Brel. Par Brassens. Par Goldman. Par la magie des mots. Voilà. Les anglais ne s'en embarrassent pas (ils ont pourtant eu de grands poêtes) - avec beaucoup de succès - et les français ne s'en encombrent plus - avec Grégoire, Christophe Maé et le rap. Ainsi, autant assis sur la banquette à trouver un Mi et un Mim dans la même chanson, à 4 accords d'intervalles sans changer la tonalité, c'était finalement pas trop méchant. Autant à sécher, écrire, rayer, gribouiller, se relire, compter (les pieds), caser (la mélodie), trouver, pas trouver ... et puis mes paroles ? Est-ce que je serais heureux, fier de les chanter ? Est-ce qu'elles ne seront pas écoeurantes de naïveté ? Est-ce que mes potes vont pas s'en moquer en les entendant ?
Oui, l'écriture a vraiment été, est toujours, une grande épreuve.
Mais l'inspiration en vérité ... pour l'instant j'ai du bol : j'ai que des trucs pas gais à raconter. On verra si ça a autant d'impact quand je penserai plus qu'aux oiseaux qui chantent et aux fleurent qui éclorent !

Les répétitions. Même si ça date d'avant, pour moi, c'est indissociable du local de la SEM. Christophe et Eric y bossaient. Et puis, ils sont tous partis. Je voudrais dire, pour affirmer mon statut de leader que je les ai tous virés, mais en vérité, il n'y a que Christophe que j'ai vraiment dégagé. Et tant mieux. C'est pas quelque chose que j'aime faire. Mais je le referai sans hésiter (surtout pour Christophe, rien de personnel) et sans aucun scrupule. Laurent, Jean ... quand on y regarde bien, je suis entré dans ce groupe, j'ai tout cassé et j'ai tout refait pour moi, autour de moi. Dès le début, c'était évident que c'était mon groupe ; même si j'ai mis beaucoup de temps à le comprendre et l'admettre. Au point qu'ajourd'hui, je ne suis plus du tout certain qu'il s'agisse d'un groupe ! Les répétitions, c'est évidemment les pizzas. Je ne sais pas pourquoi. Sans doute parce que c'est le plus pratique. Et puis quand même aussi que parce que celui qui n'a pas mangé une crème-fraiche, fromage, lardons, pommes-de-terre (oui, la pizza pomme-de-terre !!!) avec une bouteille de Coca à raconter la blague du pingouin-qui-respire-par-le-cul a raté une partie de sa vie !
Les répets, on croit que c'est glamour, que c'est fun, que c'est rock n'roll, et en vérité, non, pas trop. C'est toujours animant (au sens ou ça bouge l'âme), c'est sûr, sinon on les ferait pas (enfin ... sinon, les autres membres viendraient pas !), mais j'ai toujours plutôt vécu ça comme du travail (pas au sens travail chiant), au sens ... taille de la pierre. Voilà, c'est ça. Inlassablement, tu es là, tu écoutes, tu regardes, tu observes, tu scrutes, tu es attentif aux autres, à toi, au chant, au rythme, à la basse ... Il y a pas eu beaucoup de répets dont je sois pas sorti crevé. Et c'était pas que la journée de travail.
Les répets, c'est toujours un peu le même rituel où ça commence jamais à l'heure parce que jamais tout-le-monde est à l'heure. Ensuite, chacun reprend ses marques avec chacun. Les guitares s'accordent parce que c'est des branleurs qui le font pas à la maison et sortent un prétexte pourri. Les balances, c'est sournoisement à qui montera petit-à-petit le plus fort ... Tu m'étonnes que ça fait longtemps que j'ai plus répété ! Au bout d'un moment, ça me pesait plus qu'autre chose. Et puis finalement, ça part. Mais là, ça y est, ça me manque. J'ai envie. Je connais pas quelque chose de plus fort que ça. Cette énergie convergente vers un but artistique commun.
Au collège, on avait fait un échange avec l'Allemagne, et en y allant, en bus, j'étais au fond et on lisait (enfin ... on me lisait, à voix haute, parce que je suis malade en bus) des magazines de rock, où Metallica étaient quand même des Slayers pour moi. Enfin, dans ces magazines, y'avait une interview d'un mec, à qui on demandait son souhait pour l'année à venir (donc, 92 peut-être), et il avait répondu : "pouvoir garder mon guitariste plus de 3 mois". Ca a beaucoup fait rire (enfin, d'un rire de hardos, donc gras et forcé) Franck, Fred, Lionel, Yannick ... mais moi, pas du tout. Je comprenais pas ça. Je comprenais pas pourquoi ou comment on pouvait se réjouir de briser un rapport social. Et 18 ans plus tard, voilà comment je parle !
En vérité, je comprends pas non plus les groupes qui se forment sur le tard. Pour moi, un groupe, c'était des mecs qui se connaissaient depuis la maternelle. C'est pour ça que j'aurais pensé à faire un groupe avec Seb'. Bon, on aurait pas tenu plus de 2 semaines !!! Faut pas déconner, 2 caractères comme les nôtres ... Et là, je veux dire, avec le groupe au temps de la SEM, le truc le plus convivial qu'on ait fait, c'est des merguez au grill ! Alors pour composer avec un mec qui t'a raté la cuisson d'une merguez (le truc inratable et à ne surtout pas rater) ... Y'a bien mon Patrice, mais là encore, nos 2 pudeurs ajoutées, c'est un truc impossible à franchir !

Voilà. Le choix des titres, l'enregistrement ... j'en ai déjà parlé.
La jaquette, j'en reparlerai peut-être une autre fois.
Et je crois que j'ai bien fait le résumé - artisitique - de cette année écoulée.
Que sera la prochaine ?


11 août 2010

Pline le jeune est un con !!!

Tout a commencé il y a 3 ans maintenant. J'avais des choses à dire, et le simple journal perso électronique que je m'étais créé ne suffisait plus. A quoi ça sert de dire les choses si personne n'est là pour les entendre ? C'est le commencement de la folie. Et même si à l'époque, une des phrases qui tournait en boucle dans ma tête c'était "I'm going slightly mad", je ne voulais absolument pas devenir fou !!!
J'ai découvert les blogs, et une auteure, qui m'a largement enthousiasmé. C'est ainsi que pour la première fois de ma vie, j'ai confié à une inconnue mes états d'âmes. Bon, c'était pas aussi irruptif, mais l'idée est là. Rappelant Pline le jeune, je suis entré en contact avec Karine. Là où tout s'enchaîne.
3 années plus tard donc, beaucoup de choses ont changé. Il demeure que je me confie plus à mes amis qu'à mon blog, et que c'est finalement preuve de santé mentale ... autant qu'on puisse en avoir au XXIè siècle ! Ce n'est pas une raison pour ne pas écrire. Pour moi, pour l'hygiène, pour ceux qui viennent visiter cette page qui ne me connaissent pas dans la vraie vie, et puis pour me marquer des étapes, comme je l'avais déjà fait avec l'Olympia.

Mon vieil ami Julien m'a contacté, et il va repartir pour le Gabon à présent. Ami du lycée, la dernière fois que nous nous sommes vus remonte à quand j'étais encore en couple ! Au détour de la tentative qui, je l'espère, ne sera pas vaine, de nous accorder une rencontre, je m'adresse à lui, et comme Pline le Jeune, je m'adresse à vous, à toi, lecteur, et finalement à moi, l'interlocuteur avec qui le dialogue est le plus difficile.

Extraits.

Sur la vie pro :
Il n'est pas de hasard, il est des rendez-vous disait Eluard, et nous voilà tous deux en rupture avec notre employeur. J'ai le cul entre 2 chaises entre mon employeur et mon client. Pour moi, c'est +20%, pour mon employeur qui est en grosse difficulté financière, c'est -44k€ et pour mon client qui est en début de phase de progression, c'est +22k€.
(...)
Mais en vérité, je m'emmerde comme un rat mort. Quand les gens me demandent ce que je fais, je suis obligé de leur mentir pour ne pas leur avouer que je bosse 10% de mon temps à des choses simplissimes. Je voudrais changer, mais faire quoi ? (...) qu'est-ce que j'aimerais faire ? Et la vérité, c'est que je sais absolument pas !
(...)
Finalement, je me dis "chaque chose en son temps", j'attends gentiment que la chanson ça marche pas (en faisant mon maximum pour que ça marche tout de même), et là, je verrais.

Sur la parentalité :
Je m'efforce en même temps [qu'être père moi-même] de ne pas faire les erreurs de mon père, je vois où ont été ses difficultés. Je ne les excuse pas, je les comprends ; je le comprends. Etre père m'a rapproché du rôle de mon père. Ca ne m'a pas directement rapproché de lui, nous nous sommes trop perdus depuis trop longtemps pour cela, mais au moins le climat est-il plus détendu.

Sur la vie sentimentale :
Je commence aujourd'hui seulement à me dire et à réaliser que je ne suis pas seul coupable dans cette histoire [la séparation]. Ca n'a l'air de rien comme ça, c'est ce que tout le monde dit dans les séries TV bidons et c'est le gros lieu commun, mais d'une part, c'est plus facile à dire qu'à faire, et d'autre part, c'est d'autant plus dur quand tu as été élevé dans une culture de la culpabilité !

ou encore :
J'aimerais pouvoir dire que je cherche à présent un nouveau grand amour, mais je ne suis pas certain de pouvoir lui donner les disponibilités nécessaires. Entre pouvoir et vouloir, il n'y a qu'un pas si l'on est sincère, et je ne suis finalement pas sûr de réellement le vouloir, honnêtement. Je pense que j'ai un certain nombre de choses à faire avant, un chemin à parcourir, seul. Après, on verra.
"And as for travelling alone, fuck it ! That's the way it has to be, and that's the way it is !"

Le guide pour une vie heureuse :
Si je regarde ma condition, je serais bien en peine de te dire si je suis heureux. Ce que je sais, c'est qu'il y a 2 ans, je disais être heureux. Il y a 1 an, je savais que je n'étais pas heureux l'année précédente, et je disais que j'étais heureux alors. Cette année, je vois toutes les raisons pour lesquelles je n'étais pas heureux l'année dernière et je serais vraiment stupide de clamer mon bonheur actuel. Ca sera toujours ça de moins à justifier l'année prochaine !
(...)
Dans "Jeux d'enfants", Guillaume Canet dit "Alors c’est ça être adulte, avoir un compteur qui affiche 210 et ne jamais dépasser le 60 ?". Aujourd'hui, ma vitesse est plus hétérogène, mais je te mentirais si je te disais que je suis à plus de 130 de moyenne. Pas extraordinaire finalement pour quelqu'un qui respecte tout le temps le code de la route !


Edit du 16/8/2010 : vu (et acheté) Jeux d'Enfants. Déçu. Il m'avait beaucoup plus marqué au début de la fin de mon couple. Win some, lose some.

01 août 2010

L'amour, c'est comme la bicyclette

(non, ça commence pas avec 2 pédales)

Récemment, des filles ... beaucoup de filles ... ou peu de filles ... enfin, ça dépend comment tu regardes. En nombre, c'est peu. En pourcentage et en ressenti, c'est beaucoup. Disons qu'il y a une ou deux filles sur lesquelles j'avais des vues, avec lesquelles je savais que ça collait bien, bêinh voilà, je les avais recontactées. Pas en même temps, hein, je suis pas si goujat que ça !!! J'ai bien laissé passer 2 jours entre les deux ! Et les deux de me demander, mot pour mot à tel point que je me suis demandé si elles étaient pas de mèche :
Tu veux quoi ? Tu proposes quoi ?

Outre le fait que, quand on était sorti ensemble, je ne savais pas exactement ce que je voulais, que je ne suis toujours pas certain de le savoir, le fait est que j'en étais là de mes réflexions intérieures pour répondre honnêtement à leur question de filles (chose qu'il ne faut jamais faire), quand m'est apparu cette question, MA question :
Ca fait quoi ?

Quelle importance que je veuille ceci ou je propose cela ? Est-ce que si je réponds mal, si tant est qu'on puisse répondre bien à une question de fille, je serai évincé ? Et si je réponds bien, c'est-à-dire uniquement ce qu'elles veulent entendre, où la question n'est en réalité qu'un piège, est-ce que je serai choisi inconditionnellement ? Je prolonge : est-ce que le premier gus qui débarque et leur balance "j'ai 35 ans, je veux me marier et te faire un enfant", elles disent oui ?
Mais ... et elles dans tout ça ? Ont-elles encore des envies ? Les ont-elles abandonnées ? Ou est-ce seulement par nécessité/pression ?
C'est ce que je leur ai demandé. A toutes les deux :
Mais ... et toi dans tout ça ?

En somme, on choisirait un compagnon, et pour le coup un petit peu plus, comme on choisit une voiture : essence ou diesel, break ou berline, français ou étranger, série spéciale ou toutes options ? Fais ton choix, remplis ton questionnaire, laisse faire la base de données, Meetic le fait bien, marie-toi, fais 2,1 gamins et sois heureux. Ou feins de l'être ; c'est la société qui te l'impose !
Bref ... tout ce que j'ai déjà fui.
Et ce sont ces filles, qui, je le sais, accepteraient sans hésiter une telle requête de moi, qui me connaissent finalement si peu, si mal !?!
Toi aussi fais ta vie avec un étranger !
Tu m'excuses chérie, j'ai déjà un divorce sur le dos.

Alors finalement, les filles, vous m'excusez hein ... mais je crois que ça va pas être possible. C'est dommage dans un sens parce que nous avions certains atomes crochus, mais pour le reste ... Si, pour être avec quelqu'un, je pouvais, un minimum, ressentir quelque sentiment, j'en serais ravi.
Vraiment.



Parfois, les autres disent mieux ce que je pense. Ainsi de Marion :
Moi j’aime les couples quand c’est facile, quand ça glisse, que c’est évident, on n’est pas ensemble pour des raisons rationnelles car on n’a pas besoin de se poser la question du pourquoi, juste parce qu’on est amoureux car c’est le truc le moins rationnel de la terre.

Les petits génies


Est-ce que programmer en moins d'une heure cette modélisation du système solaire proche, fait de moi un petit génie ?


Code source : Planet.java et SolarSystem.java