Il s'agit du dernier poème de Nougaro.
On le trouve sur La note bleue, son dernier album, paru chez Blue Note. Juste hommage finalement, pour un des plus grands admirateurs du Jazz. Est-ce que Boris Vian y aurait enregistré ? Si Marilyn Monroe faisait encore de la musique (et accessoirement était encore en vie), est-ce qu'elle ferait plus du Morning Sun ou du Lady GaGa ?
Et à la manière de Nougaro, je pourrais bosser, mais j'ai pas envie.
J'envie ceux qui trouvent - encore - de l'intérêt dans leur travail, mais ça me semble tellement inutile ... Je préfère me rappeler, et finir ce - très - grand tour sur mon passé. Un fois qu'il sera passé, je l'aurais dépassé.
Je commence cette nouvelle série pour en finir avec tout ça.
Parce que c'était beau, mais ça me retient trop.
Alors je le marque, je l'écris. Ca existera ici, mais ça ne sera plus là.
Comme Camus qui coule le bâteau (Cécile comprendra).
Elle s'appelait Gaël. Et à l'époque, j'étais un puceau (de la vie) qui ne voulait plus l'être. Elle m'avait montré sa carte d'entrée dans l'usine (elle avait été pistonnée, comme moi) officiellement pour me dire que "ces idiots avaient oublié de mettre 2 ailes-euh à [son] prénom" et officieusement pour se présenter à moi, la coquine. C'est la première fois que je décryptais une tactique de séduction de femme. Elle était menue, plus petite que moi, et pendant 2 mois nous nous sommes vus tous les jours, tous les midis et parfois certains soirs. Après le repas, on mettait plus d'une heure trente pour parcourir les 10 minutes qui nous séparaient de nos bureaux. Des fois on lisait à la bibliothèque. Là, elle m'avait fait découvrir Carmen McCallum, une héroïne très masculinisée dans un univers de science-fiction. Je me suis souvent dit que si j'écrivais un roman, dedans, il y aurait une fille qui s'appelerait Carmen et en fait ça serait elle (ouhouhouh ! Je suis un auteur trop astucieux !!!)Une après-midi, vers la fin de nos jobs saisonniers, un chef, Henri Matthieu, nous prit entre 6 yeux. Ce mec là, du haut de sa retraite-moins-2 ans, il avait eu assez/plus d'intelligence sociale que les autres et il avait compris notre petit manège. Je crois aussi que ça lui plaisait bien d'avoir ces 2 gamins un peu moins cons que la nuée de fils d'ouvriers (c'est pas péjoratif) déjà racailles (là oui) avec 2 neurones en activité qui étaient sensés représenter la continuation de "son" usine.
Parce que le père Matthieu, il en avait vu là-dedans. De la naissance à l'opulence, de l'apogée au déclin ... et la fin. Déjà à l'époque, l'usine commençait à sous-traiter un nombre certains de ses activités. Alors finalement, c'était aussi un peu la sienne d'usine. Il l'avait vue naître, il l'avait vue grandir, il l'avait vue tomber malade de ... il savait pas trop quoi le père Matthieu, elle était malade, son usine. Parce qu'elle tournait bien, hein.
Je veux dire, on peut se moquer des ouvriers, des bleus de travail, des PMU ou des jambons-beurre ... Mais au final, tous ces mecs là, avec leurs posters de femmes à poil dans les vestiaires, et bêinh, ils faisaient pas forcément plus de conneries que les informaticiens propres sur eux en costume impeccable.
Même si certains racontent aujourd'hui ces aventures sur leur blog.
Enfin bref. Le père Matthieu, il nous avait pris Gaël et moi, pour une petite discussion. Autant dire qu'on était pas fiers !
On arrive donc dans son bureau, enfin ... un des bureaux qu'il s'était appropriés sur tout le site, parce qu'en vérité, le père Matthieu, il avait qu'un seul bureau planqué dans les Bureaux là où il y avait tous les chefs. Mais ça lui plaisait pas au père Matthieu. Lui, ce qu'il voulait, c'est être avec les gars. Il disait même pas ses gars. Même si, dans l'usine, y'en a pas beaucoup qui auraient remis en cause son autorité ou ses décisions ; les rares qui le faisaient, c'était parce qu'ils savaient bien qu'en prenant de l'autorité sur lui, ils prendraient de l'autorité tout court. Mais en général, les mecs se voyaient réaffectés de manière subite avant une potentielle promotion. Etonnant, non ?
Enfin bref (bis). On arrive dans un de ses bureaux, pleins d'hormones et de crainte, pas biens dans nos chaussures (de sécurité) et ils nous dit :
Ca va, vous ?
- euh ... oui (ouais, on savait pas trop quoi dire)
- Ca vous a plu ici ?
- euh ... oui (et en plus, on était prolixes !)
- On vous a fait visiter ?
- euh ... oui (quel talent !!!)
- Tout ?
- euh ... non (cette originalité dans le discours, cette audace, me laisse encore coi aujourd'hui).
- Alors venez ! Demain soir je pars en vacances et toi (il regarde Gaël, tu seras pas là à mon retour) et toi (il me regarde), le boulot reprendra dur après. Vous serez pas là cette après-midi.
- euh ... c'est que je suis tout seul au chargement cette ap ...
- T'occupe !
En partant, il a pris son casque (obligatoire sur le site) et avant de fermer la porte, un interphone où il a fait :
"Féli ? ... FELI !!! ... Le petit jeune, il est pas là cette après-midi, tu le remplaces s'il te plaît. ... Merci."
Et voilà comment j'ai eu mon après-midi.
Quand on arrive dans une usine, ou dans un boulot quel qu'il soit ... même dans une maison tiens !, on te fait visiter.
Classique, pas original et en fait, chiant à mourir.
Mais là, le père Matthieu, il le savait ça, que la visite qu'on avait faite, elle avait été chiante à mourir. Alors il nous a fait l'autre visite. Celle qu'on donne pas aux ouvriers. Celle qu'on donne à peine aux chefs de service. Celle qu'on donne à peine plus aux actionnaires (c'étaient eux, mais je ne le savais pas encore, les vrais microbes de la société). Celle que y'a que les mecs de la sécurité qui connaissent. Et si tu regardes sur l'organigramme, le père Matthieu, il avait aucun rapport avec la sécurité. Sauf, ils les avait tous connus au début, au tout début. Y'en a pas un qui avait pas serré la pogne du père Matthieu. Tous ils le connaissaient par son prénom, et tous, après toutes ses années, ils lui disaient encore "vous". Et le père Matthieu, il avait compris très vite et très tôt que la sécurité, c'était les mecs avec qui le rapport influence/implication était le plus important. Il y avait peut-être, sûrement même, un chef de la sécurité. Là-bas comme ailleurs, ce mec, c'est plus que le directeur du site. Et bêinh là, le chef de la sécurité, il en reportait officieusement à Matthieu, le petit sous-chef d'un petit service dans un coin de la boîte. Celui qu'avait pas pigé ça dans le sociogramme, il avait rien compris.
Devant un silo de 50m, il a juste pris son téléphone et il a dit : "Michel ? Matthieu à l'appareil. J'emmène les 2 petits jeunes pour une visite. Pas de contrôle s'il te plaît. ... Merci". Et c'est comme ça qu'on s'est retrouvé devant le trou d'homme d'une échelle qu'au final
Y'a peu de monde qu'a pu monter ici. Les architectes, quelques chefs de chantier et 2-3 gars de la sécurité. C'est tout. Les autres ... que d'alle !
Suivez-moi !
On est donc dans ce machin, cette échelle entourée de nacelles parce qu'il faut bien le dire, assez vite on est assez hauts. Et tout autour de toi, c'est le vide. La seule perspective, c'est là-haut qui semble ne jamais arriver. Et puis l'asphalte dégoûtant en bas, où les odeurs d'huile (j'y reviendrai) le disputent au goudron qui s'évapore dans le vacarme des chutes d'eau qui refroidissent le réacteur. Mais tu t'élèves. Tous les 3m, l'échelle change d'orientation pour éviter un retour à zéro trop prompt si tu dérapes. Matthieu, Gaël et moi. A l'ascension des nouveaux silos P1.
Et puis finalement, on y arrive.
On est pas tout en haut, il y a un 2ème escalier un peu plus à notre droite mais
Celui-là, j'ai pas le droit de vous y amener. Y'a personne qui peut. Mais ici, c'est déjà pas mal, non ?
On commence la visite du haut de ces silos. On marche sur du grillage. Epais, c'est sûr le grillage, mais il faut être aveugle pour pas voir qu'en dessous, c'est 50m de vide. Je crache à travers, pour constater. Ma salive met une éternité pour arriver en bas. Le vent la pousse, la dé-pousse, la repousse encore ... elle ne tombe jamais. Quand je crois qu'elle a touché terre, le vent la fait encore dévier, et dévier encore et dévier encore.
Je ne la verrai pas atterrir.
Encore moins l'entendre.
On est trop haut, on entend déjà plus rien. Ou plus que l'eau (j'y reviens). Et puis Matthieu et Gaël ont commencé la visite. Je laisse mon crachat à sa destiné et nous sommes entourés de tuyaux. Et pas des petits ! Des trucs de 50cm de diamètre, blindés comme un char d'assaut
Il faut bien ça pour manipuler la vapeur !
On passe devant une maisonnette dans laquelle de l'eau coule en quantité dans un vacarme insensé. Je fais semblant, mais il y a bien longtemps que je n'entends plus ce que nous dit Matthieu. Gaël, si. Ou elle fait semblant aussi. Et elle le fait super bien !
Depuis le début de la visite, je ne l'ai pas regardée. On nous a coupé de notre activité préférée (se regarder dans le blanc des yeux, se caresser plus ou moins discrètement à travers nos vêtements, parfois, voler un baiser en évitant les caméras de surveillance) mais là, on savoure simplement notre cadeau.
Qu'est-ce qu'on avait fait pour ça ?
Et en fait, je comprends que toute cette eau, elle redescend, elle retombe à 200 ou 300km/h pour refroidir le réacteur, en bas. Et c'est pour ça que ça fait un bordel monstre. C'est un circuit fermé qui pompe des tonnes d'eau froide toutes les secondes et qui les relâche de 50m de haut sur un truc qui chauffe à 400°C.
Cet enfer liquide, bruyant, rugissant me happe.
Par la fenêtre de maintenance, on peut glisser le corps d'un homme sans problème. Si je m'y glissais, je tomberais comme toute cette eau. Maltraité dans ma chute par un ensemble de tuyaux divers, je sortirais peut-être d'une cage grillagée pour finir sur le bitume dans un claquement sec et chaud. Ou canalisé, je finirai dans la piscine, après avoir buté contre la cuve principal du réacteur : 1m de profondeur d'eau jetée de 50 ; si tu survis à la chute, les tonnes d'eau au-dessus te broieront toutes efficacement. Je suis terrifié et hypnotisé.
J'en suis là de mes considérations romantiques et printannières quand je vois que Matthieu et Gaël sont devant un tuyau horizontal, plus épais que les autres, et long d'environ 2m, à hauteur d'yeux.
Ca, c'est l'échangeur. Toi (il parle de moi), tu dois pas connaître, mais elle (il regarde Gaël), si.
Hola mon petit monsieur ! On se calme ! J'ai beau être dans une fac d'info, j'ai fait Math' Sup', moi môssieu !!! J'ai fait partie de l'élite de la nation, moi, môssieu !!! ... Bon, je capte rien à ses explications (et j'ai fini 53ème sur 55 de ma promo) et je m'ennuie ferme. Alors, je tourne sur ce grillage, toujours trop haut du sol, je passe au-dessus du réacteur, je contourne les tuyaux, et là ... je vois.
Devant moi, à perte de vue, il y a la Méditerranée.
Partout.
Autour.
On a beau dire, et tu peux prendre toutes les photos que tu veux, mais en vérité, la seule vérité, c'est qu'il y a rien pour décrire ça. Ce moment, volé à la société que je ne connais pas encore, avec ta copine et avec un guide bienveillant. Au détour de l'enfer découvrir le paradis. Aussi simplement que t'y a jamais pensé. Les ados ont beaucoup de mal à l'apercevoir, les adultes ne le verront jamais plus. Il ne reste que les enfants.
Les autres silos (P4, là où je bosse), le petit réacteur, tout ça ... ça me semble tellement petit à seulement 20-30m du sol ! Mais là, la mer, si bleue, devant les énormes rochers qui servent de digues ... Par moments on distingue les vagues.
Au loin, à l'ouest vers Fos, il y a quelques super tankers qui attendent. On voit le pont de Martigues et l'anse de l'Estaque. Le ciel ne se confond pas avec la Mer, mais ici, le bleu est roi.
C'est beau, hein ?
Matthieu nous a rejoint, il se met à ma droite, Gaël est un peu en retrait à ma gauche. Et soit on s'en est écarté, ce dont je doute, soit nous nous sommes habitués aux chutes d'eau. Il continue :
Des fois je viens ici ... C'est tranquille. On oublie un peu tout. (Gaël me prend la main). Le mieux, c'est le matin, quand le soleil se lève. Des fois, quand ça va pas ... La vie des fois ça va pas. Alors tu te sauves, tu te planques. Tu viens de planquer ; ici. Tu dis aux autres que c'est pour ton boulot, mais c'est de la connerie ; c'est pas vrai (il a des trémolos qui renforcent son accent du sud et sa tessiture aigue).
Je venais là quand ça allait pas. Quand ça allait vraiment pas. Un jour, je suis venu ... c'était le soir en fait. C'était la nuit. Et il pleuvait. Beaucoup. Et il faisait froid. La vie, c'est ... La vie c'est pas ... (il renifle et s'essuie le visage, le nez je devine)
J'ai voulu me balancer.
50m plus bas, des camions chargent 25 tonnes de poly-éthylène dans le vacarme omni-présent de l'usine. Se doute-t-on du bruit que notre plastique quotidien consomme ?
La main de Gaël se resserre sur la mienne. Sans la regarder, je sais qu'elle regarde vers le bas et nous ne regardons pas Matthieu, qui nous présente maintenant son dos. Y'a des fois où la pudeur parle d'elle-même.
On entend plus rien.
Plus rien que le ronflement qui redevient assourdissant de l'eau qui tombe.
Un long moment passe. J'aimerais dire que ça a duré longtemps, mais en fait, c'est beau si ce silence a duré plus de 2 minutes. Il se retourne soudainement et
Allez, on va à la salle de contrôle.
Il passe devant nous et s'il avait encore des doutes, là, il y en a plus aucun. J'enlace Gaël qui essuie une larme, je l'embrasse et nous nous empressons quand la tête de Matthieu ressurgit avec malice du trou d'hommes :
Allez les jeunes !
On passe devant la piscine et devant le réacteur. C'est une espèce de grand hangar avec au-dessus de nous un dragon rouge de 6m de diamètre en acier, avec des plaques de fer qui se recouvrent les unes les autres et des écrous qui tiennent dans 2 mains. Il faut retenir sa respiration parce qu'entre l'huile bouillante et le soufre, on a tôt fait de s'asphyxier. Et là, le bruit du réacteur, même dans son sarcophage, est tout simplement impossible. Je ne m'entends pas crier à Matthieu.
Nous arrivons dans la salle de contrôle, où nous ne sommes manifestement pas les bienvenus. Ca ressemble à Cap Kennedy en à peine plus petit. Tout le monde a son casque de chantier et son manteau de pluie ; alors qu'on est devant des écrans 21" (ça faisait rêver à l'époque) dans le confort climatisé d'une salle réseau. Ubuesque ! Nous restons dans notre coin.
Matthieu discute vivement avec un mec, je me doute qu'il s'agit d'un des chefs ; mais il ne semble pas s'agir de nous. Puis, excédé, il le quitte et revient nous chercher :
Allez, on y va !
Nous repassons sous le réacteur, toujours dans le même vacarme infernal, toujours en apnée, pour repasser aux pieds de P1. Matthieu jette un regard en arrière et nous regarde, énervé :
Lui, là, il m'a niqué. Mais maintenant, c'est moi qui vais le niquer !
Nous redescendons à son bureau, enfin, un autre de ses bureaux. Devant la porte principale, il nous dit :
J'ai des affaires à faire, je peux pas rester avec vous cette après-midi. Vous avez votre après-midi, soyez braves, pas de bêtise. Ce soir, vous partirez à 16h. (en regardant Gaël) Au revoir petite.
La porte a claqué, et on s'est retrouvé seuls.
On a un peu marché, pas beaucoup parlé et on est descendu vers mon poste. Un peu avant d'arriver, je me suis souvenu que c'était Féli qui avait pris mon poste et que je n'avais absolument aucun intérêt à m'y montrer. Alors, j'ai pris Gaël par la main et on a fait ce qu'on ne devait absolument pas faire : on est monté en haut des silos P4.
C'était un peu comme pour le P1, sauf que c'était plus petit. Gaël passait devant moi, et je matais tranquillement ses fesses. Et ça ne me faisait rien. Pas une once d'excitation alors que je peux te dire qu'à l'époque, il m'en fallait pas beaucoup (et clairement beaucoup moins que ça) pour m'emballer !!! Peut-être le jean, peut-être l'émotion là-haut, peut-être des sentiments que je connaissais pas ou mal.
J'avais pas envie d'elle, j'avais juste envie d'être avec elle.
Je pourrais insister sur le fait qu'on avait pas le droit, ou dire qu'on s'est blessé là-haut, ou qu'on a fait l'amour et que mon sperme a coulé de son sexe à travers ce grillage, qu'elle m'a griffé le dos et que c'était bien ... pas vraiment vrai, pas vraiment exagéré, pas vraiment faux et en fait, on s'en fout. Et en fait, je me souviens plus très bien de ce qui s'est passé cette fin d'après-midi.
Le soir-même j'étais chez moi, et c'est tout ce qui importe.
Parce qu'une fois que t'es allé si haut, c'est super dur d'y remonter.
Un soir, peu après ça, nous nous sommes retrouvés sur une tour d'observation de Maître-Nageur de Carry, à la nuit tombée, en hiver. J'avais une énorme envie de pisser, et j'avais encore plus envie de Gaël. Mais parce qu'elle osait encore moins que moi, que j'étais en couple (ah ... les histoires de puceau), parce qu'elle était pucelle aussi ... on a rien fait. Je suis parti et on s'est plus jamais appelé après. Si, une fois. Pour lui dire que quitte à être dans le mensonge, je préférais continuer une histoire plutôt que d'en commencer une.
J'ai eu tort.
Je suis parti, sorti de Carry, j'ai arrêté la voiture pour me vider la vessie pendant plus d'une minute trente (j'avais compté) dans le froid et le vent, un peu la frustration et un peu la tristesse.
On s'est échangé quelques mails ensuite. Dont un pour me dire qu'elle avait essayé le sexe et que c'était terrible.
Après, c'est Lucie qui m'a dit qu'elle avait eu son CAPES, et qu'elle s'était mariée avec ce Guillaume, qui l'avait dépucelée. Ils ont eu un gamin je crois.
Mais souvent me reviennent en tête ces fesses petites dans le trou d'homme, la Méditerranée et la tour d'observation.
Et bleu ...
Tellement bleu ...
Je ne suis plus retourné à Carry pendant 10 ans. Je l'évite encore soigneusement aujourd'hui .
On devrait pas retourner dans son passé. Surtout pas aux endroits où on choisit sa vie. Il y a tellement à regretter là-bas ...


